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Bulletin n° : B015 - Question et réponse écrite n° : 0172 - Législature : 56


Auteur Vincent Scourneau, MR (06287)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre La prise de pilules à base de garcinia cambogia.
Date de dépôt11/04/2025
Langue F
Publication question     B015
Date publication 02/06/2025, 20242025
Statut questionRéponses reçues
Date de délai20/05/2025

 
Question

Le 5 mars 2025, l'Agence nationale de sécurité sanitaire française (Anses) a déconseillé la prise de pilules à base de garcinia cambogia après la découverte de cas d'hépatites aiguës ou d'atteintes psychiatriques, cardiaques et musculaires chez de nombreux patients, qui n'avaient pour certains aucun antécédent médical. Le garcinia cambogia est un arbre de la famille des clusiacées, dont le fruit ressemble à une petite citrouille. Utilisé en phytothérapie, ce fruit est composé d'acide hydroxycitrique, un dérivé de l'acide citrique. Il inhibe l'absorption des glucides et des lipides ainsi que la transformation des sucres en graisse. Le garcinia possède de nombreux bienfaits pour la santé et aide au contrôle du poids. À l'heure actuelle, le règlement européen ne s'oppose pas à l'utilisation des allégations - "contrôle du poids", "réduction du stockage des graisses" et "de la sensation de faim", "contrôle de la glycémie et du taux de cholestérol", etc. - mises en avant par les fabricants de ces produits. Celles-ci sont en cours d'examen par l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA). L'EFSA mène aussi une évaluation des risques associés à l'ingestion d'acide hydroxycitrique, présent dans le fruit de la plante garcinia cambogia, auxquelles des propriétés amaigrissantes sont attribuées. Cette évaluation pourrait amener l'EFSA à restreindre, voire interdire cette substance. L'agence française espère que des listes précisant les plantes autorisées dans les compléments alimentaires, ainsi que les restrictions et avertissements encadrant leur utilisation, verront le jour en Europe. 1. La France recense un cas mortel à ce jour lié au garcinia cambogia. Confirmez-vous ce bilan? Avez-vous connaissances d'autres décès dans d'autres pays? 2. Que savez-vous de l'impact en Belgique de la prise de ces pilules dites "amincissantes" contenant du garcinia cambogia? 3. Quelle est la position des autorités sanitaires belges à leur égard? 4. Êtes-vous favorable à la constitution d'un registre européen des plantes autorisées dans les compléments alimentaires?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B016
Date publication 17/06/2025, 20242025
Réponse

1. Dans son avis du 12 février 2025, l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) recense, via son système de nutrivigilance, un cas d'hépatite fulminante mortelle en 2019. Le produit incriminé n'a pas été notifié en Belgique. 2. La Belgique est un des premiers pays européens à avoir mis en place une législation sur les plantes dans les compléments alimentaires et elle est la plus avancée. La législation sur les plantes a été mise en place en 1997 et garcinia cambogia y était déjà présente comme plante autorisée dans les compléments alimentaires. Actuellement, nous n'avons reçu aucune déclaration de nutrivigilance pour des produits contenant cette plante ni d'alerte de la part du corps médical. 3. Le sujet a été posé à la Commission d'avis des préparations de plantes qui est l'organe d'avis scientifique compétent pour la modification des annexes de l'arrêté royal relatif à la fabrication et au commerce de denrées alimentaires composées ou contenant des plantes ou préparations de plantes, et est en cours de discussion. L'avis sera utilisé pour la prochaine révision de cet arrêté. Au niveau européen, un mandat a été octroyé à l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) par la Commission européenne en 2023 pour étudier la sécurité des préparations de plantes, comme garcinia cambogia, contenant de l'acide hydroxicitrique (molécule pour laquelle la sécurité doit être évaluée) dans le cadre de la procédure prévue à l'article 8 du règlement 1925/2006 du parlement et du conseil du 20 décembre 2006 concernant l'adjonction de vitamines, de minéraux et de certaines autres substances aux denrées alimentaires. L'EFSA a reçu des données de la part des parties prenantes en 2024 et est en train de les évaluer tout en faisant une revue complète de la littérature à ce sujet. L'avis est attendu pour fin 2025 ou début 2026. Nous allons très prochainement discuter de ce sujet avec la Commission européenne. 4. La Belgique avait déjà essayé, en 2013, en collaboration avec la France et l'Italie, de mettre en place une harmonisation de l'utilisation des plantes dans les compléments alimentaires (projet BELFRIT), ce qui avait permis une harmonisation partielle pour ces trois pays. Le SPF Santé publique et l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire participent aussi à des projets européens portant sur l'identification et l'évaluation des plantes, dont on suspecte des effets potentiellement néfastes, utilisées dans les compléments alimentaires, et dont l'objectif est à terme d'avoir des informations de sécurité et de pouvoir harmoniser au niveau européen les plantes autorisées dans les compléments alimentaires. La Belgique est clairement en faveur d'une harmonisation européenne dans le secteur des compléments alimentaires.

 
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Descripteurs EurovocPOLITIQUE DE LA SANTE | COMPLEMENT ALIMENTAIRE | SECURITE ALIMENTAIRE