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| Auteur | Roberto D'Amico, PVAPTB (07182) |
| Département | Ministre de l'Énergie |
| Sous-département | Énergie |
| Titre | La part du nucléaire dans le mix énergétique belge. |
| Date de dépôt | 16/04/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 20/05/2025 |
| Question |
Dans l'accord du gouvernement, vous écrivez, je cite: "nous partons du principe de la neutralité technologique sans tabou et optons pour un mix énergétique abordable, sûr et neutre en carbone." Vous ajoutez que "toutes les sources d'énergie seront évaluées sur la base des mêmes critères pour parvenir à la composition la plus rentable de notre mix énergétique. L'accord de gouvernement ne se prononce donc pas sur la part de chaque source d'énergie dans le mix." Mais avant d'attendre l'analyse du Haut Conseil de l'approvisionnement devant fournir les chiffres objectifs nécessaires, vous marquez déjà un choix et vous vous prononcez sur la part de l'énergie nucléaire dans le mix, ce qui entre en contradiction avec ce que vous affirmiez précédemment dans l'accord de gouvernement: "nous visons une part d'énergie nucléaire de 4 gigawatts dans notre mix électrique." 1. Sur quelle base scientifique avez-vous fixé l'objectif d'une part de l'énergie nucléaire de 4 GW dans le mix énergétique belge? Comment avez-vous fixé ce chiffre? 2. Existe-t-il une analyse ou une étude que vous pourriez fournir et qui justifie ce chiffre de 4 GW dans le mix énergétique belge? 3. À quel horizon voulez-vous atteindre ces 4 GW? Visez-vous 4 GW uniquement pour prolonger les centrales nucléaires existantes? Ou également sur de nouvelles centrales nucléaires? Dans l'affirmative, quand voulez-vous construire de nouvelles centrales nucléaires et pour quelle capacité? 4. L'accord avec Engie montre que la prolongation de l'énergie nucléaire est très coûteuse. Quel budget pensez-vous nécessaire par an au cours des dix prochaines années pour atteindre une puissance nucléaire de 4 GW? 5. Une analyse récente d'Elia (Belgian Electricity System Blueprint 2035-2050) montre également qu'un système énergétique avec de l'énergie nucléaire est plus coûteux qu'un système sans énergie nucléaire. L'Engie Deal montre aussi que le nucléaire fait finalement grimper le prix pour les consommateurs / contribuables. De combien le prix de l'électricité et le coût total du système augmenteront-ils si nous intégrons 4 GW d'énergie nucléaire dans notre mix énergétique? 6. Pouvez-vous indiquer l'impact de cet objectif sur le développement des énergies renouvelables dans le mix énergétique? Quelle part occuperont-elles dans votre vision sur un mix énergétique où le nucléaire occupera une part de 4 GW? 7. Le tableau budgétaire de l'accord de gouvernement ne prévoit pas un euro pour la prolongation des centrales nucléaires supplémentaires ou la construction de nouvelles centrales nucléaires. Pourtant, nous savons que la prolongation des centrales nucléaires et la construction de nouvelles centrales coûtent beaucoup d'argent public. Aucune entreprise privée ne veut investir dans l'énergie nucléaire sans que l'État ne garantisse la majeure partie des coûts et des risques. Comment expliquez-vous cela? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B014
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| Date publication | 20/05/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Plusieurs études, dont le rapport Futurs énergétiques 2050 du Réseau de transport d'électricité (homologue d'Elia en France), ont démontré qu'un système électrique avec une part de nucléaire pouvait diminuer de manière significative les émissions de CO2, améliorer notre sécurité d'approvisionnement, réduire le besoin en centrales à gaz et améliorer notre indépendance énergétique tout en limitant les paris technologiques. Ces éléments, couplés à notre expérience depuis 50 ans dans des technologies éprouvées et maîtrisées dans notre pays, nous permettent de nous appuyer sur des bases solides pour le futur de notre approvisionnement énergétique. Cela répond donc entièrement aux objectifs de ce gouvernement. En attendant les projections à long terme du Haut Conseil pour l'approvisionnement énergétique, le choix a été fait de prolonger le baseload existant lors de la finalisation de l'accord de gouvernement, c'est-à-dire des capacités à hauteur de 4 GW. Ce choix découle notamment d'une volonté de maintenir un niveau d'implication et de connaissance élevé dans la filière. 2. Le choix du gouvernement a été de garantir la présence du nucléaire lorsqu'il faudra définir plus précisément le mix énergétique à 2050 et au-delà. Ne garantir aucun socle d'investissement remettait de facto en cause la neutralité technologique puisque nous prenions le risque de ne pas décider et de voir s'éteindre la filière nucléaire en Belgique. En conséquence, les 4 GW ont une utilité importante à court terme puisque, d'une part, du point de vue de la sécurité d'approvisionnement en électricité et de l'équilibre offre-demande, la présence dans le futur de davantage de nucléaire contribuerait certainement à répondre aux besoins d'électrification décarbonée de la société dans le cadre de la transition énergétique. L'étude Adequacy and Flexibility d'Elia de juin 2023, dont la mise à jour est attendue en juin 2025, faisait en effet déjà état d'un besoin de 3,5 GW de nouvelles capacités utiles d'ici 2035 pour garantir la sécurité d'approvisionnement tout en prenant en compte l'extension de Doel 4 et de Tihange 3. D'autre part, ce socle de 4 GW, qui existait jusqu'à mi-février 2025 pour rappel, permet de réinvestir et donner un souffle suffisant à la filière pour se relancer, innover et attirer des talents. Ce qui n'amende pas le choix ultérieur du gouvernement pour un mix énergétique équilibré. 3. À ce stade, la question de prolongation ou de nouvelles constructions est prématurée. Il faut d'abord que le cadre légal soit modifié et qu'un projet crédible soit déterminé. 4. Pour cette question, je me permets de vous renvoyer à la réponse à la question écrite n° 37 du 16 avril 2025 (voir Bulletin actuel). 5. Nous avons eu ce débat en novembre 2024 au Parlement et je vous renvoie vers les discussions approfondies et expertes qui y ont pris place entre la Commission de Régulation de l'Electricité et du Gaz, la Direction générale de l'Énergie du SPF Économie, Elia et Fluxys. Je rappelle que l'étude Blueprint est rédigée par un acteur privé et qu'elle ne servira donc pas de base exclusive à la prise des décisions futures sur le mix énergétique. Ce travail doit notamment être confié au Haut Conseil pour l'approvisionnement énergétique afin que soient prises en compte toutes les dimensions mentionnées par l'accord de gouvernement. 6. Bien que l'augmentation/la prolongation de la capacité nucléaire puisse offrir des avantages en termes de stabilité et de sécurité énergétique pour une production de base, nous continuons à investir dans les énergies renouvelables pour atteindre les objectifs de durabilité à long terme et de permettre l'électrification croissante de la société. Les investissements dans le nucléaire n'excluent pas les investissements dans le renouvelable. 7. La crainte des acteurs privés à investir dans le nucléaire sans garantie de l'État provient de l'investissement initial massif nécessaire, du temps de construction long pour les nouvelles centrales ainsi que les dérives en termes de délai et de budget comme cela a pu être observé récemment avec Flamanville et Hinkley Point C. En outre, il existe de grandes incertitudes quant aux prix futurs de l'électricité. Une centrale nucléaire pour être rentable doit pouvoir vendre son électricité à un prix stable sur une longue période. La concurrence face à des énergies subsidiées (renouvelables ou centrales au gaz) entame aussi ce business model et augmente le risque pour l'opérateur privé qui reste, c'est inhérent à l'industrie nucléaire et bien entendu non-négociable, avec des obligations très importantes d'investissements pour tenir les normes de sûreté au plus haut niveau. |
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