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Question et réponse écrite n° : 0206 - Législature : 56


Auteur Philippe Goffin, MR (06383)
Département Ministre de la Justice, chargée de la Mer du Nord
Sous-département Justice, Mer du Nord
Titre Favoriser le travail en prison pour améliorer la réinsertion à la prison d'Anvers.
Date de dépôt16/04/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai20/05/2025

 
Question

Le fléau n'est pas neuf: la consommation de drogue en prison a toujours existé. Vous insistez d'ailleurs, dans votre exposé d'orientation politique, sur le fait que la lutte contre l'usage des drogues au sein de nos établissements pénitentiaires sera intensifiée, et je m'en réjouis. Cependant, en parallèle de cette lutte nécessaire, ne faudrait-il pas également donner de réelles opportunités occupationnelles aux personnes détenues, que ce soit par le travail ou par la formation? Il s'agit là d'un levier essentiel pour éviter que les détenus ne ressortent des établissements pénitentiaires plus abîmés qu'ils ne l'étaient à leur entrée. Selon une enquête menée par JobYourself, le taux de récidive est significativement plus bas chez les personnes ayant eu un emploi en détention. Pourtant, l'offre de travail reste largement inférieure à la demande. De nombreux détenus souhaitent pouvoir s'insérer dans un parcours de travail, mais les places disponibles sont insuffisantes. Il en résulte un double préjudice: pour le détenu, qui reste désoeuvré, et pour la société, qui se prive d'une opportunité de réinsertion réussie. La prison d'Anvers offre actuellement certaines possibilités professionnelles aux personnes détenues. Celles-ci peuvent être impliquées dans des tâches au sein des services domestiques de l'établissement: cuisine, vestiaire, buanderie, mais aussi bibliothèque et cantine. Par ailleurs, un atelier interne permet d'effectuer de petits travaux manuels pour des entrepreneurs externes. Ces activités, bien qu'utiles, demeurent modestes au regard des besoins réels et du potentiel humain mobilisable. 1. Quel est le nombre de postes de travail actuellement accessibles aux détenus dans la prison d'Anvers, tant dans les services internes que dans les ateliers pour entreprises externes? 2. Des moyens supplémentaires sont-ils envisagés pour augmenter la capacité de travail dans cet établissement? 3. Des mesures concrètes sont-elles envisagées pour développer le travail carcéral à Anvers, notamment par le biais de partenariats accrus avec des entreprises, ou par l'élargissement des infrastructures existantes? 4. Disposez-vous d'une évaluation des résultats concrets de ces dispositifs de travail (impact sur la récidive, taux d'occupation, retours des entreprises partenaires, etc.) dans cet établissement?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B014
Date publication 20/05/2025, 20242025
Réponse

1. Actuellement, 15 détenus travaillent dans les ateliers, tandis que 145 autres sont affectés aux travaux domestiques. 2. Actuellement, il n'y a qu'un petit atelier dont la capacité est limitée. Il y aura quatre ateliers à Nieuw-Antwerpen et la capacité pourra être augmentée. L'extension de la capacité actuelle des ateliers est très difficile dans cette prison pour des raisons évidentes. Nos efforts se concentrent en premier lieu sur l'ouverture du nouvel établissement, qui offrira manifestement davantage de possibilités. 3. De manière plus générale, nous pouvons indiquer qu'un site internet, www.cellmade.be, a été développé à vocation commerciale. Un des objectifs est que des sociétés intéressées par une collaboration avec la Régie du travail pénitentiaire (Cellmade) puissent contacter le service facilement. Cellmade est membre d'organisations (Voka, CCI, etc.) actives et spécialisées dans le domaine de l'entreprenariat. Dix account managers (délégués commerciaux) développent des activités commerciales afin de faire connaître le service et prospectent le marché afin de trouver des entreprises pouvant sous-traiter une partie de leur production au sein des ateliers des établissements pénitentiaires. Ils sont au service des clients de Cellmade. Dans les maisons d'arrêt caractérisées par une forte rotation des détenus, nous pouvons observer que le développement des compétences pour le travail et la continuité de l'emploi ne sont pas toujours compatibles avec les exigences posées par l'employeur. Cela peut limiter l'offre de travail. Toutefois, un investissement durable est davantage possible dans les maisons de peine. Le développement de l'emploi peut être limité par divers facteurs tels que les restrictions infrastructurelles et architecturales et la vétusté de nombreux bâtiments. La surpopulation a également pour effet de rendre la capacité cellulaire prioritaire par rapport à l'expansion éventuelle d'autres capacités, comme les ateliers. L'augmentation de la capacité des ateliers s'accompagne généralement de la nécessité d'affecter davantage de personnel, ce qui n'est pas toujours possible dans les limites des cadres du personnel actuels, et la pénurie sur le marché du travail est également un problème dans certaines régions. Un autre défi consiste à assurer la continuité du travail, susceptible d'être ébranlée par les grèves et d'amener les fournisseurs de travail à chercher d'autres endroits. L'importante surpopulation a réduit le ratio entre le nombre des détenus incarcérés et celui des détenus aptes à travailler. La charge de travail liée à la surpopulation, qui n'est pas compensée par des recrutements supplémentaires, met également la pression sur le maintien opérationnel des ateliers. Les conditions de travail difficiles contribuent également à une augmentation de l'absentéisme qui, à son tour, exerce une pression sur le fonctionnement opérationnel et la continuité en ce qui concerne l'emploi des détenus. Nous savons que l'emploi et la formation professionnelle constituent un levier important pour la réinsertion des détenus et nous continuerons à investir dans ce domaine, mais certaines conditions préalables ne sont pas évidentes. 4. La recherche scientifique nous apprend que l'emploi, le travail et une occupation journalière structurée en général constituent un levier important pour une réinsertion réussie. C'est pourquoi la déclaration de politique générale prévoit que nous continuons à investir dans ce domaine. Toutefois, aucune analyse n'est disponible quant aux effets concrets de l'emploi des individus dans chaque prison sur la réinsertion. Toutefois, les activités proposées rencontrent un taux d'occupation globalement satisfaisant, et les retours des entreprises partenaires sont positifs en ce qui concerne l'implication et la qualité du travail fourni par les personnes détenues.

 
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Descripteurs EurovocETABLISSEMENT PENITENTIAIRE | PROVINCE D'ANVERS | DETENU | TRAVAIL | SYSTEME JUDICIAIRE
Mots-clés libresEMPLOI