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Question et réponse écrite n° : 0185 - Législature : 56


Auteur Philippe Goffin, MR (06383)
Département Ministre de la Justice, chargée de la Mer du Nord
Sous-département Justice, Mer du Nord
Titre Favoriser le travail en prison pour améliorer la réinsertion au complexe pénitentiaire de Bruges.
Date de dépôt15/04/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai20/05/2025

 
Question

Le fléau n'est pas neuf: la consommation de drogue en prison a toujours existé. Vous insistez d'ailleurs, dans votre exposé d'orientation politique, sur le fait que la lutte contre l'usage des drogues au sein de nos établissements pénitentiaires sera intensifiée, et je m'en réjouis. Cependant, en parallèle de cette lutte nécessaire, ne faudrait-il pas également donner de réelles opportunités occupationnelles aux personnes détenues, que ce soit par le travail ou par la formation? Il s'agit là d'un levier essentiel pour éviter que les détenus ne ressortent des établissements pénitentiaires plus abîmés qu'ils ne l'étaient à leur entrée. Selon une enquête menée par JobYourself, le taux de récidive est significativement plus bas chez les personnes ayant eu un emploi en détention. Pourtant, l'offre de travail reste largement inférieure à la demande. De nombreux détenus souhaitent pouvoir s'insérer dans un parcours de travail, mais les places disponibles sont insuffisantes. Il en résulte un double préjudice: pour le détenu, qui reste désoeuvré, et pour la société, qui se prive d'une opportunité de réinsertion réussie. Au complexe pénitentiaire de Bruges, les détenus peuvent travailler dans les services domestiques (cuisine, vestiaire, équipe de nettoyage, etc.) ou dans l'équipe d'entretien pour assister le personnel technique. Dans les ateliers, ils peuvent réaliser des travaux pour des entrepreneurs externes. Ils emballent des articles, plient du textile, etc. Les détenus peuvent également travailler à l'atelier de confection de vêtements destinés aux détenus et au personnel technique. Les détenus peuvent également souder, faire de la menuiserie, cuisiner, coudre, nettoyer, etc. 1. Pouvez-vous préciser combien de postes de travail sont actuellement disponibles pour les détenus au sein du complexe pénitentiaire de Bruges? Combien de détenus y ont effectivement accès? 2. Des moyens supplémentaires sont-ils envisagés pour augmenter la capacité de travail dans cet établissement? 3. Des actions sont-elles prévues pour inciter davantage d'entreprises à collaborer avec le complexe pénitentiaire de Bruges, notamment en simplifiant les procédures ou en améliorant les incitants fiscaux? 4. Disposez-vous d'une évaluation des résultats concrets de ces dispositifs de travail (impact sur la récidive, taux d'occupation, retours des entreprises partenaires, etc.) dans cet établissement?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B014
Date publication 20/05/2025, 20242025
Réponse

1. Actuellement, 100 détenus travaillent dans les ateliers, tandis que 165 autres sont affectés aux travaux domestiques. 2. Trouver des profils techniquement forts parmi le personnel qui surveille la production est un défi, surtout pour le travail qui est mieux rémunéré et pour lequel des exigences de qualité sont plus élevées. En raison d'une stabilité économique réduite, l'offre de travail est moins importante. Nous collaborons avec Cellmade et le Vlaams netwerk van ondernemingen (Voka), l'Unizo, l'Economische Raad voor Oost-Vlaanderen et le VDAB pour attirer davantage de travail. Il existe également une collaboration avec le département de la Artevelde Hogeschool en charge des entreprises (mise en relation des entrepreneurs et des futurs entrepreneurs avec Cellmade). L'espace réservé à la forge est beaucoup trop limité et ce travail nécessite du personnel techniquement qualifié. Les procédures d'achat sont également complexes et longues. L'espace associé à la section Waardig Ouder Worden est limité et difficile d'accès. C'est un problème d'infrastructure. 3. Un site internet, www.cellmade.be, a été développé à vocation commerciale. Un des objectifs est que des sociétés intéressées par une collaboration avec la Régie du travail pénitentiaire (Cellmade) puissent contacter le service facilement. Cellmade est membre d'organisation (Voka, CCI, etc.) actives et spécialisées dans le domaine de l'entreprenariat. Dix account managers (délégués commerciaux) développent des activités commerciales afin de faire connaître le service et prospectent le marché afin de trouver des entreprises pouvant sous-traiter une partie de leur production au sein des ateliers des établissements pénitentiaires. Ils sont au service des clients de Cellmade. 4. La recherche scientifique nous apprend que l'emploi, le travail et une occupation journalière structurée en général constituent un levier important pour une réinsertion réussie. C'est pourquoi la déclaration de politique générale prévoit que nous continuons à investir dans ce domaine. Toutefois, aucune analyse n'est disponible quant aux effets concrets de l'emploi des individus dans chaque prison sur la réinsertion. Toutefois, les activités proposées rencontrent un taux d'occupation globalement satisfaisant, et les retours des entreprises partenaires sont positives en ce qui concerne l'implication et la qualité du travail fourni par les personnes détenues.

 
Desc. Eurovoc principalDROIT PENAL
Descripteurs EurovocDROIT PENAL | ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE | PROVINCE DE FLANDRE OCCIDENTALE | DETENU | TRAVAIL
Mots-clés libresEMPLOI