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| Auteur | Charlotte Deborsu, MR (08138) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Situation politique en Turquie (QO 004234C). |
| Date de dépôt | 09/04/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 13/05/2025 |
| Question |
Depuis plusieurs semaines, la Turquie est secouée par des manifestations d'une ampleur inédite, déclenchées par l'arrestation du maire d'Istanbul, principal opposant à Erdogan, et la suppression de son diplôme. Ce nouvel épisode s'inscrit dans une répression croissante de l'opposition, confirmant le glissement du régime turc vers un pouvoir toujours plus autoritaire. Lors de votre dernier exposé d'orientation politique générale, j'avais eu l'occasion de vous interroger sur l'évolution des relations bilatérales entre la Belgique et la Turquie. 1. Dans ce contexte, comment notre gouvernement entend-il concilier ses intérêts économiques et stratégiques avec son engagement en faveur des droits humains et de la démocratie? 2. Quelle réponse la Belgique et l'Union européenne comptent-elles apporter face à cette dérive autoritaire? Envisagez-vous des sanctions ou des mesures diplomatiques pour rappeler à la Turquie ses obligations internationales? 3. À la lumière de ces événements, comment évaluez-vous l'évolution de nos relations bilatérales avec Ankara? Une réévaluation de certaines priorités de coopération, notamment en matière de promotion des droits fondamentaux, est-elle envisagée? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B014
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| Date publication | 20/05/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. La Turquie est un partenaire stratégique de la Belgique, que ce soit au niveau bilatéral, au niveau européen, ou encore dans certains dossiers internationaux dans lesquels la Turquie est devenue un acteur important. Dans le même temps, le respect des droits fondamentaux et des principes démocratiques est un élément fondamental de notre politique étrangère. Comme elle l'a toujours fait dans le passé, la Belgique continuera à aborder ces questions dans ses contacts bilatéraux futurs avec les autorités turques. Au niveau européen, le statut de pays-candidat et sa volonté de renforcer sa coopération avec l'UE nous offrent un levier afin d'aborder ces questions. Enfin, notre pays veillera aussi à utiliser au mieux les instruments multilatéraux à notre disposition afin de mettre la Turquie face à ses responsabilités, entre autres au Conseil de l'Europe, à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ou encore au Conseil des droits de l'homme. Au sujet de ce dernier, la Belgique a participé à l'Examen périodique universel (EPU) de la Turquie de mai 2025 avec trois recommandations exprimant notre inquiétude quant à la détérioration des droits humains et des libertés fondamentales par rapport au précédent EPU, notamment en ce qui concerne l'indépendance du pouvoir judiciaire et l'utilisation de la loi anti-terroriste, le droit à la liberté de réunion et la violence à l'égard des femmes. 2. La Turquie connait malheureusement un recul au niveau démocratique depuis de nombreuses années, comme en témoignent les rapports annuels successifs de la Commission européenne sur la Turquie. L'arrestation du principal opposant au Président Erdogan aura inévitablement un impact sur nos relations bilatérales, ainsi que sur les relations entre l'Union européenne et la Turquie. Il est important qu'on garde les canaux de communication en maximum ouverts afin d'influencer les autorités turques dans un sens positif. À ce stade, il est préférable d'avoir recours au dialogue, et aux instruments et leviers qui existent au niveau européen et multilatéral. Des sanctions dans le contexte actuel risqueraient d'être contre-productives. 3. La Belgique accorde une grande importance à ses relations bilatérales avec la Turquie, qui sont empreintes par la présence d'une large communauté turque bien intégrée dans notre société, et caractérisées également par des échanges économiques intenses qui bénéficient à nos entreprises. Nos deux pays ont des liens forts, une dégradation en matière de droits et libertés fondamentales aura alors des conséquences sur la qualité de nos relations futures avec le gouvernement turc. Mais je suis également persuadé que nous devons maintenir une coopération et un dialogue avec la Turquie, au niveau politique et économique, de manière à influencer du mieux que nous pouvons ce pays, et aussi afin de défendre nos intérêts. |
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