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Question et réponse écrite n° : 0058 - Législature : 56


Auteur Darya Safai, N-VA (07416)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre L'Iran et le corps des gardiens de la révolution islamique.
Date de dépôt03/04/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai13/05/2025

 
Question

1. L'accord de gouvernement conclu à l'échelon fédéral prévoit que la Belgique, en coordination avec ses alliés, empêche l'Iran de se doter d'armes nucléaires. Par ailleurs, notre pays s'est engagé à inscrire le Corps des gardiens de la révolution iranienne sur la liste européenne des organisations terroristes et préconise des sanctions plus sévères. a) Pouvez-vous expliquer quelles mesures concrètes la Belgique a déjà prises dans le cadre de cet engagement? b) Quelles démarches diplomatiques la Belgique a-t-elle entreprises au sein de l'UE ou avec des partenaires tels que les USA en vue de la réalisation de ce volet de l'accord de gouvernement? 2. Ces dernières années, l'Iran s'est de plus en plus révélé être un facteur de déstabilisation au Moyen-Orient, en raison de son soutien à des milices en Irak, au Hezbollah au Liban, aux Houthis au Yémen et à des attaques par proxy interposé contre Israël. a) Partagez-vous l'analyse selon laquelle l'Iran joue actuellement un rôle déstabilisateur structurel dans la région et estimez-vous que la communauté internationale devrait s'atteler activement à résoudre ce problème? b) Estimez-vous également que la politique d'apaisement et le manque de pressions internationales cohérentes n'ont donné aucun résultat au cours des dernières années et qu'une approche plus ferme s'impose par conséquent?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B014
Date publication 20/05/2025, 20242025
Réponse

L'accord de gouvernement prévoit de prendre l'initiative, avec d'autres États membres européens, d'inscrire le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique sur la liste européenne des organisations terroristes et de plaider en faveur de sanctions plus strictes, notamment mais pas uniquement sur le plan économique. Nous sommes en contact étroit et permanent avec les services nationaux et internationaux concernés afin de suivre de près l'évolution de la situation. Outre un suivi permanent de la situation, nous maintenons également un état des lieux sur les événements susceptibles d'avoir un impact dans ce cadre, tels que les développements liés aux évènements du 7 octobre 2023 ou les conséquences liées à l'arrivée de nouvelles autorités en Syrie, ainsi que les négociations en cours sur le nucléaire. Des contacts réguliers ont lieu avec les services de renseignement afin d'obtenir une évaluation des menaces à différents niveaux, avec une attention particulière pour les intérêts occidentaux, ainsi que pour tout impact éventuel plus proche de nous. Ce thème est régulièrement discuté dans divers fora multilatéraux avec divers partenaires partageant les mêmes idées. J'ai discuté de la situation en Iran lors du Conseil des affaires étrangères de l'Union européenne le 17 mars dernier. Mes services ont également eu des échanges au sein des groupes de travail européens concernés. Le niveau de confidentialité de ces réunions ne me permet pas d'entrer dans les détails de ces échanges. En tout état de cause, la Belgique veille à ce que ce dossier reste un point d'attention dans ces fora, conformément à l'accord de coalition. Au niveau belge, il y a également eu des consultations entre les différents services compétents depuis l'approbation du nouvel accord de coalition. Différentes pistes sont en discussion et mes services ont donc déjà eu divers contacts avec d'autres États membres et avec l'Union européenne. La position de la Belgique sur l'Iran est très claire: notre pays soutient les aspirations fondamentales du peuple iranien aux droits humains et à la démocratie, notre pays exige de la République islamique qu'elle arrête de fournir des armes à la Fédération de Russie, qu'elle mette un terme à sa diplomatie des otages, à ses activités hybrides en Europe et qu'elle arrête de déstabiliser la région par procuration via des proxys. La République islamique doit également s'engager sérieusement dans les négociations sur le dossier nucléaire. En raison du comportement néfaste de la République islamique sur ce large éventail de dossiers, les relations entre l'Union européenne et l'Iran se sont détériorées ces dernières années. Face à cette situation, l'Union européenne et ses États membres ont durci le ton et ont pris un certain nombre de mesures, notamment à travers l'adoption de sanctions additionnelles contre la République islamique. Notre accord de gouvernement récent traduit cette posture. L'année 2025 sera une année charnière car le contexte stratégique a changé et que des échéances interviennent dans le cadre du dossier nucléaire. L'approche européenne que je partage est celle d'une attitude ferme vis-à-vis des autorités iraniennes, tout en maintenant des canaux de communication et une diplomatie active. C'est ce que nous appelons le dialogue critique.

 
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