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| Auteur | Éric Thiébaut, PS (01222) |
| Département | Ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, chargé de Beliris |
| Sous-département | Sécurité, Intérieur, Beliris |
| Titre | Évaluation de la réforme de la protection civile. - Rétablissement d'un poste avancé à Ghlin. |
| Date de dépôt | 01/04/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 06/05/2025 |
| Question |
La Protection civile, réduite à deux seules bases opérationnelles depuis la réforme du ministre Jambon, a montré plusieurs lacunes dans ses interventions pour faire face à certaines catastrophes. Parmi les exemples, je songe aux inondations de 2021 qui ont touché le bassin liégeois, où le manque de moyens a ralenti les secours. Plus récemment, en novembre 2023, lorsque la contamination aux PFAS a été révélée dans le Hainaut, la réponse de la Protection civile a été trop lente, faute d'unités spécialisées situées à proximité. Avec une unité de Protection civile présente à Ghlin, cela aurait permis des prélèvements et des analyses immédiates, sans compter une meilleure communication et une réaction plus rapide, évitant ainsi l'inquiétude des habitants. Ces défaillances ont été confirmées par plusieurs audits, auditions parlementaires et rapports d'experts, qui soulignent des délais d'intervention trop longs, un manque criant de personnel et de matériel, ainsi qu'une couverture territoriale insuffisante. La Protection civile est un pilier essentiel de notre sécurité civile et doit le rester. Pourtant, l'accord de gouvernement reste flou, se limitant à une vague mention d'une "répartition territoriale intelligente" des services. Une réévaluation de la réforme de la Protection civile est-elle prévue? Dans l'affirmative, êtes-vous prêt à étudier un retour en arrière et envisager la réouverture de postes avancés, notamment celui de Ghlin en province de Hainaut? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B013
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| Date publication | 12/05/2025, 20242025 |
| Réponse |
Je me permets tout d'abord de réagir à certains éléments mentionnés dans l'introduction de votre question qui m'interpellent. Vous citez ainsi comme exemple de ce que vous appelez des lacunes dans la capacité de la Protection Civile à mener des interventions la détection de la pollution aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) en Wallonie en 2023. Je m'étonne de cet exemple, car il n'appartient aucunement à un service opérationnel fédéral de la Sécurité Civile, comme la Protection Civile, d'intervenir dans ce problème qui n'est issu en rien d'une fuite inopinée ou d'un accident industriel mais ressort visiblement de la gestion de l'eau et de la gestion de l'environnement qui sont des matières régionales. En aucun cas la Protection Civile ne peut et n'entend se substituer aux autorités compétentes en la matière et il ne pouvait être attendu de la Protection Civile qu'elle joue un quelconque rôle dans la détection et l'analyse du PFAS dans l'eau de distribution ou dans le sol, ni dans la politique de communication qui a été mise alors en place par le gouvernement wallon dans ce cadre pour rassurer la population. Cet exemple que vous citez est symptomatique d'un enseignement tiré de l'évaluation de la réforme de la Protection Civile (vous n'êtes en effet pas sans savoir que l'évaluation que vous demandez a déjà eu lieu et les résultats ont été présentés au Parlement en octobre 2022). Parmi les conclusions, il était notamment fait mention que les différents partenaires n'avaient pas compris l'impact de la réforme de la Protection Civile et ne s'y étaient pas adaptés en conséquence. Je constate qu'il semble y avoir encore beaucoup de lacunes dans la connaissance des missions de la Protection Civile. C'est notamment de ce constat que le gouvernement est parti pour formuler ses objectifs relatifs à la Protection Civile. L'accord de gouvernement prévoit le renforcement des zones de secours et de la Protection Civile. Mais cela ne vaut pas dire automatiquement plus de moyens: il s'agit principalement de "mieux" coordonner et gérer les moyens disponibles. Pour la Protection Civile cela se traduira, tout au long de cette législature, par les mesures suivantes: - la prise en compte du fait que la Protection Civile n'est pas un service isolé à qui il revient de combler les manques et lacunes des autres acteurs de la chaîne de sécurité civile. En d'autres termes, il s'agira de clarifier quels risques traiter en priorité, quelles réponses aux risques à donner et qui prend en charge quelle partie dans ces réponses forcément systémiques. Un mandat clair de chacun des intervenants va leur permettre de concentrer leurs moyens et efforts et non plus se disperser. Ce qui sera aussi le cas pour la Protection Civile. C'est la fin des doublons entre les acteurs de la Sécurité Civile; - la constitution d'une véritable coordination des zones de secours entre elle. Au nom du respect du principe de l'aide adéquate la plus urgente, le premier renfort d'une zone de secours ne doit pas être la Protection Civile, mais les autres zones de secours. Les pompiers sont plus de 17.000 agents opérationnels, la Protection Civile environ 240. Les zones de secours doivent être complémentaires entre elles et doivent davantage collaborer en appui et en renforcement des unes et des autres en fonction de la situation et des besoins. Cette première ligne de renfort doit permettre à la Protection Civile de se concentrer dans ses missions d'appui logistique pour les événements de grandes ampleurs; - l'agrégation des moyens existants, disponibles dans le secteur associatif et le secteur privé dans le domaine de l'appui logistique de crise. Cela doit permettre à la Protection Civile d'améliorer substantiellement sa gamme de capacité de réaction en cas de crise tout en restant efficiente. Il s'agit de construire, le temps de cette législature, un "hub logistique" qui combine, selon un mode rationnel et économe, les moyens publics et privés dans le domaine de l'appui opérationnel et logistique de crise, soit les compétences de la discipline 4. De cette façon, il s'agit d'améliorer la sensibilisation aux risques de sécurité civile d'acteurs essentiels comme le secteur privé et la résilience de notre société. En l'occurrence, il s'agit, dans les années qui viennent, de sécuriser l'approvisionnement et la disponibilité d'une série de biens vitaux pour faire face à un spectre large de crise de sécurité civile. Sur la question des postes avancés, deux travaux sont en cours: - la mise en carte des zones les plus soumises à des vulnérabilités et qui nécessitent une réponse ad hoc de la part des zones de secours et de la Protection Civile; - la réforme du statut des volontaires de la Protection Civile. La première mesure est pilotée par la Direction générale (DG) Sécurité Civile en concertation avec l'Organe représentatif des zones de secours et vise à poursuivre le travail du Belgian National Risk Assessment livré l'année passée par le Centre de crise National: quelles sont les zones les plus à risque et les moyens disponibles aux alentours sont-ils suffisants? C'est à ces questions que s'attèlent mes services. Les premiers résultats sont attendus fin de cette année. Il sera alors possible de voir quels postes de secours devraient, le cas échéant, être prioritairement renforcés et par quels moyens (en organisant mieux les moyens existants). Pour les volontaires, les travaux sont pilotés par la seule DG Sécurité Civile et il s'agit de rendre plus attractif et plus flexible la fonction de volontaire au sein de la Protection Civile. Les résultats combinés de ces deux derniers travaux aideront à identifier la pertinence de mettre en place un poste avancé comme point de ralliement de volontaires, car il ne s'agira pas d'ouvrir une nouvelle caserne de la Protection Civile, mais bien de déterminer un point de rassemblement et de déploiement pour des volontaires de la Protection Civile qui pourront se répartir plus efficacement sur notre territoire en fonction des besoins associés à la gestion des risques de Sécurité Civile. Cela va également contribuer à améliorer notre résilience. |
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