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| Auteur | Kathleen Depoorter, N-VA (07387) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté |
| Sous-département | Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté |
| Titre | Le tramadol. |
| Date de dépôt | 25/03/2025 |
| Langue | N |
| Publication question |
B012
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| Date publication | 29/04/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 28/04/2025 |
| Question |
Le Lyrica (prégabaline) et le tramadol sont de plus en plus souvent utilisés abusivement et la criminalité organisée ne semble pas étrangère à ce phénomène. On a ainsi connaissance de cas de fausses prescriptions médicales visant à obtenir illégalement ces substances. Une fois dans les mains du circuit illégal, le médicament est probablement revendu ou utilisé à des fins non médicales. Cela soulève des questions quant à l'ampleur de ces abus, l'implication de réseaux criminels et les risques potentiels pour la santé publique. 1. Pouvez-vous donner un aperçu de l'ampleur de la consommation abusive de Lyrica et de tramadol depuis 2020 et en particulier pour 2024? Pouvez-vous communiquer des chiffres concrets ou des tendances? 2. Dans quelle mesure le problème des fausses prescriptions médicales représente-t-il un phénomène très répandu, et quelles mesures peuvent être prises? 3. Pourriez-vous fournir des informations sur le prix de ces médicaments dans le circuit illégal par comparaison avec les prix de vente légaux? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B013
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| Date publication | 12/05/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. L'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (afmps) ne dispose pas de chiffres sur le mésusage de la prégabaline et du tramadol. Ci-dessous les chiffres du nombre de saisies effectuées par l'Unité Spéciale d'Enquête (USE) dans le circuit illicite, pour la période 2020-2024: Une forte augmentation du nombre de saisies et du nombre d'unités saisies de prégabaline a été observée depuis 2023. Cette substance active, qui trouve son application thérapeutique dans le traitement de l'épilepsie, des douleurs neuropathiques et des désordres anxieux généralisés, est de plus en plus consommée en combinaison avec d'autres sédatifs (alcool, opioïdes et autre drogues) afin d'augmenter la sensation d'euphorie de ces drogues. Ce mésusage n'est pas sans danger et peut entraîner des effets secondaires graves, parfois mortels, notamment une sédation accrue et une dépression respiratoire. Les constatations liées au tramadol ne suivent pas cette tendance. Le nombre de saisies est resté relativement stable au fil des ans, après avoir atteint un certain niveau en 2020. Les saisies présentées ici sont le résultat d'un contrôle continu des envois entrants (postaux), effectué régulièrement par le SOE en collaboration avec les douanes. 2. Au niveau de mes services, il est difficile de quantifier le nombre de fausses prescriptions réellement présentées dans les pharmacies. En effet, il est évident qu'un certain nombre de prescriptions, sans doute bien imitées, ne sont pas identifiées comme étant une falsification. D'autre part, il n'y a pas d'obligation légale pour les pharmaciens de signaler les cas de fausses prescriptions à l'afmps. Il revient aux autorités judiciaires de poursuivre les contrevenants, raison pour laquelle il est demandé aux pharmaciens et aux médecins victimes de tels faits de déposer plainte auprès des services de police sans obligatoirement prévenir l'afmps. À titre d'information, du 1er janvier au 8 avril 2025, l'afmps a été informée, soit par des pharmaciens, soit par des médecins, de 21 faits de prescriptions suspectées de falsification. Une utilisation toujours plus importante de la prescription électronique devrait permettre d'enrayer le phénomène. Néanmoins, il est important de rester attentif au risque d'apparition de nouvelles pratiques en vue de se procurer frauduleusement des prescriptions électroniques pour ensuite obtenir des médicaments en pharmacie. Ainsi, des professionnels de la santé ont déjà signalé que des individus contactent parfois des médecins par téléphone pour obtenir des ordonnances, parfois même en utilisant le nom d'autres patients, ou qu'en pharmacie, des fraudeurs signalent que le médecin n'a pas correctement chargé leur ordonnance électronique et, jouant sur l'urgence, demandent alors au pharmacien de contacter le médecin afin qu'il régularise la situation au plus vite. 3. Plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour comparer les prix des circuits légaux et illégaux. Dans le circuit légal, le prix varie en fonction du dosage du principe actif, de la taille de l'emballage, du caractère original ou générique du médicament et de l'intervention éventuelle de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI). En ce qui concerne le tramadol, nous ne disposons pas de données sur le prix dans le circuit illégal. Dans le circuit légal, le prix varie de 0,17 à 0,57 euro par unité (comprimé/gélule) sans intervention de l'INAMI et de 0,03 à 0,12 euro avec intervention. Pour la prégabaline, en revanche, les données des enquêtes propres et judiciaires montrent que le prix dans le circuit illégal fluctue entre 1 et 5 euros par unité. Cela signifie qu'un paquet de 200 capsules peut coûter jusqu'à 1.000 euros dans le circuit illégal. Nous constatons que dans le circuit illicite, ce sont surtout les doses les plus élevées de prégabaline, à savoir 150 mg et 300 mg, qui sont commercialisées: Le prix de la prégabaline dans le circuit illégal est environ 1,5 à 16 fois plus élevé que le prix officiel de la pharmacie sans remboursement, et 6 à plus de 71 fois plus élevé que le prix remboursé. |
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