...
| Auteur | Annik Van den Bosch, PVAPTB (08169) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | Malaise dans le secteur industriel. (QO 002701C) |
| Date de dépôt | 27/03/2025 |
| Langue | N |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 06/05/2025 |
| Question |
L'industrie belge et européenne est en crise. Les syndicats et les patrons tirent la sonnette d'alarme. Les prix élevés de l'énergie en Europe, la récession économique, la course aux subventions avec les États-Unis et la concurrence intra-européenne sont autant de facteurs qui influencent défavorablement la situation. Nous voulons un avenir durable pour l'industrie. Selon les syndicats, le problème n'est pas salarial, la part salariale dans les richesses produites n'ayant cessé de diminuer ces dernières années. 1. Estimez-vous que le problème de l'industrie provient du montant des dividendes versés aux actionnaires ou des salaires? 2. Pensez-vous que les investissements réalisés par les grandes entreprises industrielles sont suffisants aujourd'hui pour assurer la pérennité de l'industrie en Belgique? 3. Les syndicats demandent au gouvernement d'adopter un plan industriel "solide", qui contienne des mesures telles qu'un moratoire sur la fermeture des outils de production performants. Qu'en pensez-vous? 4. Vous engagerez-vous à faire en sorte que le gouvernement instaure un plan visant à diminuer le prix de l'énergie? 5. Le gouvernement investira-t-il davantage dans les infrastructures nécessaires à l'industrie? 6. Le gouvernement mettra-t-il en place un plan de soutien à la recherche, conditionné au maintien et à la création d'emplois industriels? 7. Réformerez-vous la loi de 1996 sur le blocage des salaires afin de redonner toute latitude de négocier des augmentations de salaire là où c'est possible? 8. Quelles mesures concrètes prendrez-vous afin de lutter contre cette crise de l'industrie? 9. Prêterez-vous une oreille attentive aux syndicats et instaurerez-vous un plan industriel comme ils le recommandent? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B012
|
| Date publication | 29/04/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. La crise de l'industrie belge et européenne est complexe et multifactorielle. Elle est influencée par des facteurs endogènes et exogènes. Concernant les facteurs endogènes auxquels vous faites référence - les salaires et les dividendes - ils sont tous deux importants pour une entreprise. Les salaires rémunèrent les travailleurs pour leur contribution aux activités de l'entreprise et attirent les talents. Les dividendes récompensent les investisseurs et attirent des capitaux. 2. Plusieurs sources permettent d'être optimiste quant à l'avenir des investissements des entreprises manufacturières en Belgique. Selon la dernière enquête semestrielle de la Banque nationale de Belgique (BNB) (automne 2024) sur les intentions d'investissement des dirigeants d'entreprise, l'indicateur pour l'industrie manufacturière était positif en 2024, bien qu'en léger recul par rapport à 2023. Toutefois, pour 2025, la dynamique des investissements devrait se renforcer. Les données des Comptes nationaux indiquent que les investissements de l'ensemble des entreprises (industrielles ou non) ont augmenté sur un an de 5,1 % en 2023 après 4,1? % en 2022, dépassant largement le niveau d'avant crise. L'enquête de la Banque européenne d'investissement (février 2025), témoigne aussi d'un différentiel positif entre le nombre d'entreprises prévoyant une hausse de leurs investissements par rapport à celles prévoyant une baisse. Par ailleurs, la proportion d'entreprises belges de l'industrie manufacturière ayant innové en 2024 excède la moyenne de l'UE, avec 48 % contre 39 %. 3. L'accord de gouvernement prévoit l'élaboration d'un plan interfédéral visant à relancer l'industrie (MAKE 2030). Ce plan MAKE 2030 est une priorité en tant que ministre de l'Économie et je déposerai prochainement une note au Conseil des ministres concernant sa mise en oeuvre. Conformément à l'accord de gouvernement, nous réunirons de manière régulière les parties prenantes autour de cet agenda, en collaboration avec les fédérations sectorielles. Ce travail se fera également en collaboration avec les régions, afin d'assurer les meilleures synergies possibles et la cohérence des politiques menées. Nous mobiliserons également pleinement les compétences fédérales en matière d'économie, de fiscalité, de cout salarial brut, d'énergie, de marché du travail, de sécurité juridique et de simplification administrative pour améliorer notre compétitivité. 4. Une énergie compétitive/abordable, en particulier l'électricité, est essentielle pour soutenir nos entreprises fortement consommatrices et pour encourager la décarbonation des processus industriels. En plus des futures recommandations européennes dans le cadre du Plan on Affordable Energy, attendu au premier quadrimestre 2025, notre gouvernement s'est engagé à mettre en place un Haut Conseil de l'approvisionnement énergétique, à concrétiser un signal prix en vue de rendre l'électricité plus compétitive face aux énergies fossiles et à soutenir le déploiement des capacités de production bas carbone d'électricité, notamment renouvelables et nucléaires. 5. Les industries intensives en énergie sont particulièrement touchées par les crises actuelles géopolitique et climatique. Une attention particulière doit donc leur être accordée, notamment en favorisant leur décarbonation. Pour ce faire, le gouvernement s'engage pleinement à soutenir et déployer les initiatives européennes issues du Clean Industrial Act. Il investira également dans les infrastructures énergétiques, en particulier dans le financement d'interconnexions et dans le déploiement de nouveaux moyens de production. Par ailleurs, les infrastructures ferroviaires seront renforcées pour accueillir davantage de transport de marchandises, à l'instar des ports et des aéroports. Enfin, les infrastructures numériques sont essentielles à une bonne transition dans un monde de plus en plus dématérialisé. 6. Le gouvernement soutiendra l'innovation, la recherche et le développement en coordination avec les régions. Il importe d'accorder une attention particulière aux secteurs à forte valeur ajoutée et aux secteurs porteurs d'innovation dans l'énergie. Le gouvernement continuera d'utiliser les leviers fiscaux pour stimuler les investissements en recherche et développement. Certaines entreprises seront reconnues comme centres de recherche, ce qui leur permettra de bénéficier d'avantages spécifiques en matière d'innovation. 7. Nous demandons aux partenaires sociaux de rendre un avis sur la réforme de la loi sur les salaires et du système d'indexation automatique d'ici le 31 décembre 2026. Cet avis devra accorder une attention particulière à la compétitivité de nos entreprises et au pouvoir d'achat des travailleurs. Dans ce cadre, nous leur demandons d'examiner un nouveau point de référence intégrant une définition plus large des coûts salariaux et prenant également en compte le handicap historique accumulé. 8. On y répond déjà plus haut. 9. Comme déjà indiqué, le plan MAKE 2030 est une de mes priorités et je déposerai prochainement une note au Conseil des ministres concernant sa mise en oeuvre. |
| Desc. Eurovoc principal | POLITIQUE ECONOMIQUE |
| Descripteurs Eurovoc | POLITIQUE D'INVESTISSEMENT | POLITIQUE ECONOMIQUE | POLITIQUE INDUSTRIELLE |