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Bulletin n° : B012 - Question et réponse écrite n° : 0109 - Législature : 56


Auteur Annik Van den Bosch, PVAPTB (08169)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre ArcelorMittal.
Date de dépôt25/03/2025
Langue N
Publication question     B012
Date publication 29/04/2025, 20242025
Statut questionRéponses reçues
Date de délai28/04/2025

 
Question

Le géant de l'acier ArcelorMittal a suspendu ses investissements en Europe et prévoit de tripler sa capacité de production en Inde d'ici 2030. L'entreprise souhaite en outre déplacer en Inde une série de services tels que l'informatique, le service clients, les ressources humaines et les achats. Il a été confirmé le 22 janvier 2025 à l'Assemblée nationale française que des essais avaient été effectués en vue d'importer en Europe de l'acier en provenance d'Inde. Le CEO d'ArcelorMittal Europe, Geert Van Poelvoorde, a déclaré en septembre 2024 qu'Arcelor-Mittal était toujours une entreprise européenne ayant son siège à Luxembourg, mais que le groupe allait commencer à déplacer son centre de gravité. Il a indiqué que sur l'ensemble du groupe, l'Europe était la seule région où les chiffres ne montraient aucune croissance. Aucune activité de production n'a encore été délocalisée, mais ce sera la prochaine étape. Il a réaffirmé la semaine dernière que les fermetures seront inévitables, si rien ne change, et il a ajouté que le site de Gand pourrait également être impacté fortement. 1. Tout indique qu'ArcelorMittal prépare une délocalisation de sa production. Avez-vous pris contact avec l'entreprise à ce sujet? 2. Que pensez-vous de sa possible délocalisation? 3. Que pensez-vous de la décision d'ArcelorMittal de transférer certains services en Inde? 4. L'Union européenne négocie actuellement un accord de libre-échange avec l'Inde. Cet accord inclurait-il les importations d'acier en provenance d'Inde, ou la question est-elle au coeur des discussions? 5. Quelle est la position du gouvernement belge en la matière?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B015
Date publication 02/06/2025, 20242025
Réponse

Depuis plusieurs semaines, je constate comme vous qu'ArcelorMittal étudie la possibilité de centraliser partiellement des activités de support telles que les ressources humaines, les finances et l'informatique. La presse a récemment fait mention de 100 à 140 postes d'employés qui pourraient être concernés dans les filiales belges. Je tiens d'emblée à exprimer mon empathie à l'égard des travailleurs d'ArcelorMittal qui traversent actuellement une période d'incertitude. Il est à cet égard important que les travailleurs et leurs représentants soient correctement informés. Cette opération s'inscrirait dans une politique de réduction des coûts, les usines sidérurgiques européennes d'ArcelorMittal subissant une forte concurrence de la part d'importations meilleur marché en provenance d'Asie. Je n'ai personnellement pas été contacté à ce sujet par ArcelorMittal. Je constate comme vous que d'autres filiales européennes seraient concernées par ces réorganisations. Tout comme vous, je suis préoccupé par l'avenir de la sidérurgie en Europe, et plus particulièrement en Belgique. La sidérurgie est un secteur stratégique pour notre pays et la préservation de l'emploi industriel demeure une priorité du gouvernement fédéral. En ce qui concerne l'état des discussions sur l'accord entre l'Union européenne et l'Inde, la Commission européenne n'a, à ce stade, pas encore formulé de propositions concrètes. Les négociations portent actuellement sur l'accès au marché dans son ensemble, couvrant une large gamme de produits. Il apparaît toutefois que la question de la surcapacité mondiale dans le secteur de l'acier constitue un enjeu central pour la Belgique dans le cadre de ces pourparlers. Cette surcapacité, largement alimentée par une production excédentaire dans certains pays tiers - en particulier la Chine et, dans une moindre mesure, l'Inde - exerce une pression importante sur les prix mondiaux, déstabilise les marchés et fragilise la compétitivité de l'industrie sidérurgique européenne. Ce déséquilibre structurel entraîne des distorsions de concurrence, notamment par le biais d'exportations à bas prix ou de pratiques de dumping, qui mettent en péril les capacités de production locale, les emplois et les investissements à long terme. La Belgique, dont l'industrie sidérurgique représente un secteur stratégique à haute valeur ajoutée, est particulièrement sensible à ces développements. Il est donc essentiel que les intérêts de cette filière soient pleinement pris en compte dans le cadre des négociations commerciales, en veillant à garantir un accès équitable au marché et à éviter toute aggravation de la concurrence déloyale liée à la surcapacité mondiale.

 
Desc. Eurovoc principalTRAVAIL
Descripteurs EurovocPROVINCE DE FLANDRE ORIENTALE | INDUSTRIE SIDERURGIQUE | TRAVAIL | DÉLOCALISATION