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| Auteur | Sophie Thémont, PS (07262) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | La dépendance économique de la Belgique vis-à-vis de la Chine. |
| Date de dépôt | 19/03/2025 |
| Langue | F |
| Publication question |
B012
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| Date publication | 29/04/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 18/04/2025 |
| Question |
Les relations économiques entre l'Union européenne et la République populaire de Chine présentent plusieurs défis majeurs. P. ex. le marché européen continue d'être confronté à une concurrence accrue de l'acier chinois à bas prix, entraînant une baisse des prix du marché et une diminution de la rentabilité des producteurs européens. En outre, la dépendance vis-à-vis de la Chine demeure une préoccupation centrale. Selon une récente publication du Bureau fédéral du Plan, la Belgique dépend fortement de pays extérieurs à l'Union européenne pour l'importation de 81 biens stratégiques. Si les États-Unis restent le premier fournisseur de ces biens, la Chine occupe la deuxième place, avec une dépendance croissante au cours des dix dernières années, alors que celle envers les États-Unis diminue. En février 2023, la Chambre a adopté une résolution visant à réduire la dépendance de la Belgique dans les secteurs critiques, notamment par la réalisation d'un audit destiné à guider l'élaboration d'une stratégie nationale. 1. Pouvez-vous fournir des données chiffrées récentes sur la dépendance économique de la Belgique vis-à-vis de la Chine, notamment en ce qui concerne les biens stratégiques, et préciser l'évolution de cette dépendance sur les cinq (si possible dix) dernières années? 2. Parmi les 81 biens stratégiques identifiés, quels secteurs ou produits spécifiques sont les plus dépendants de la Chine, et quelle est la proportion de cette dépendance en termes de volume ou de valeur? 3. Quelles mesures concrètes la Belgique a-t-elle déjà prises, au niveau national ou dans le cadre de l'Union européenne, pour réduire cette dépendance et renforcer notre autonomie stratégique, conformément à la résolution de la Chambre de 2023? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B014
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| Date publication | 20/05/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Depuis le premier choc sur les relations commerciales provoqué par la pandémie de COVID-19 en 2020, le SPF Économie analyse les dépendances économiques de la Belgique vis-à-vis des pays hors de l'Union européenne. En appliquant la méthodologie européenne et en se référant à la définition des biens stratégiques établie par la Commission européenne, il est possible d'établir les constats suivants concernant la dépendance économique de la Belgique à l'égard de la Chine: - entre 2014 et 2023, les importations chinoises ont doublé et représentaient 3,41?% du total des importations belges en 2023, tandis que la part des exportations belges vers la Chine est restée relativement stable à environ 1,7?%; - la part de la valeur ajoutée chinoise dans la demande finale des industries belges est passée de 2,3 % en 2013 à 4,9 % en 2022, soit une augmentation significative en dix ans. En valeur absolue, cette dépendance est passée de 1,6 milliard d'euros en 2013 à 6,1 milliards d'euros en 2022; - dans les services, la part de la valeur ajoutée chinoise est passée de 0,4 % en 2013 à 0,8 % en 2022. Il y a donc une tendance à la hausse de la dépendance par rapport à la Chine, particulièrement dans l'approvisionnement des industries belges au cours des dix dernières années. 2. D'après les analyses les plus récentes du SPF Économie concernant la dépendance économique de la Belgique à l'égard de la Chine, effectuées en décembre 2024, il est possible d'établir les constats suivants concernant les secteurs belges les plus dépendants de la Chine: - appareils électriques (C27): la part de valeur ajoutée chinoise a bondi de 4,6?% en 2013 à 14,7?% en 2022; - autres équipements de transport (C30): la part de valeur ajoutée chinoise dans la demande finale des industries belges est passé de 3,8?% en 2013 à 14,5?% en 2022; - textile et cuir (C13-15): la dépendance a augmenté de 3,9?% en 2013 à 13,2?% en 2022; - industrie automobile (C29): la part de valeur ajoutée chinoise a progressé de manière un peu plus modérée, passant d'environ 2,8 % à 7,0 % sur la même période. Concernant les produits importés de Chine, les analyses du SFP Économie identifient au total 267 produits dépendants (selon la méthodologie de DG Grow) importés de Chine, dont 108 produits qui sont qualifiés de stratégiques, c'est à dire, essentiels pour la sécurité, la santé ou la transition verte/digitale. Contrairement aux travaux du Bureau fédéral du Plan, ces chiffres sont issus de la base de données utilisée dans ses analyses par la Commission Européenne. L'approche du SPF Économie et la définition de ce qu'on considère comme "produit stratégique" sont également basés sur la méthodologie de la Commission Européenne. Parmi les 108 produits stratégiques importés depuis la Chine, 62 produits (environ 57 %) concernent des produits chimiques. La part de ces produits chimiques dans la valeur totale des importations de produits stratégiques depuis la Chine a diminué sur une période de cinq ans, passant de 53,1 % en 2018 à 40,1 % en 2022. Par contre, la part des produits métalliques a augmenté sur la même période, de 33,0 % en 2018 à 40,0 % en 2022. Les produits chimiques représentent 28 % de la valeur totale d'importation des produits dépendants depuis la Chine. Par ailleurs, certains produits spécifiques, comme les pièces détachées pour véhicules (p. ex. boîtes de vitesses) dans la catégorie "transports", montrent une forte concentration dans certains cas, jusqu'à 75?% de l'importation de ces produits est issue de la Chine. 3. La Belgique soutient pleinement l'ambition européenne de réduire les dépendances stratégiques. Sous la présidence belge de l'UE, des mesures importantes ont été prises pour lancer la réindustrialisation européenne. La "Déclaration d'Anvers pour un pacte industriel européen" constitue encore aujourd'hui un jalon dans ce processus et a grandement contribué à la boussole de la compétitivité lancé cette année par la Commission européenne. En collaboration avec le SPF Affaires étrangères, le SPF Économie a déjà organisé cette année deux tables rondes avec des représentants d'entreprises afin d'étayer les positions belges à l'égard de l'Union européenne. Ce type d'initiative contribuera au déploiement ambitieux de MAKE 2025-2030, le plan interfédéral de relance industrielle. Élaboré en concertation étroite et régulière avec les parties prenantes - notamment les fédérations sectorielles - et en coordination renforcée avec les régions, ce plan vise à garantir la cohérence des actions menées et à maximiser les synergies entre les différents niveaux de pouvoir. Les compétences fédérales en matière d'économie, de fiscalité, de coût du travail, d'énergie, d'emploi, de sécurité juridique et de simplification administrative seront pleinement mobilisées pour renforcer la compétitivité du pays. Avec le premier ministre, nous lancerons très prochainement les travaux préparatoires. |
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