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| Auteur | Michael Freilich, N-VA (07022) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Famine. |
| Date de dépôt | 06/03/2025 |
| Langue | N |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 11/04/2025 |
| Question |
Un rapport récent de 32 pages publié par UK Lawyers for Israel conclut à l'absence d'une famine scientifiquement étayée à Gaza, en dépit d'affirmations antérieures émises par des organisations internationales, comme l'Integrated Food Security and Nutrition Phase Classification (IPC). Le rapport se base sur des données détaillées relatives à l'approvisionnement alimentaire vers Gaza, y compris des données officielles publiées par les autorités israéliennes (COGAT). Les principales conclusions de ce rapport s'appuient sur l'analyse des transports de denrées alimentaires, de la valeur calorique et de la valeur nutritive de l'aide fournie, ainsi que sur une comparaison avec des directives internationales en matière d'aide humanitaire (comme les standards Sphère). En conclusion, l'approvisionnement alimentaire à Gaza a largement répondu aux besoins nutritionnels minimaux de la population, avec une moyenne de 3.163 calories par personne par jour. 1. Avez-vous pris connaissance de ce rapport? 2. Quelle position la Belgique adopte-t-elle à l'égard des rapports internationaux sur Gaza, compte tenu des erreurs méthodologiques constatées et de l'utilisation de données incomplètes? 3. Êtes-vous disposé à plaider dans les enceintes internationales, comme les Nations Unies et l'Union européenne, pour une évaluation objective et factuelle des situations humanitaires dans les zones de conflit, qui tienne également compte de données provenant de toutes les parties pertinentes, comme l'indique ce rapport? 4. Compte tenu des conclusions selon lesquelles l'approvisionnement alimentaire à Gaza s'est avéré suffisant, quelles démarches entreprendrez-vous pour veiller à améliorer la précision et l'objectivité des futurs rapports publiés par des organisations comme l'IPC? 5. Estimez-vous que la diffusion d'informations erronées ou exagérées sur une famine à Gaza porte atteinte à la crédibilité des rapports humanitaires? 6. Quelles mesures prendrez-vous afin de veiller à ce que la contribution belge à l'aide humanitaire soit basée sur des informations factuelles et correctes? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B011
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| Date publication | 17/04/2025, 20242025 |
| Réponse |
La Belgique reconnaît les analyses et rapports qui nous sont transmis par les organisations humanitaires reconnues et certifiées telles que les Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) comme étant les sources les plus fiables et les plus objectives, pour Gaza et pour tous les autres contextes. Nous avons connaissance du rapport produit par l'organisation pro-israélienne UK Lawyers for Israel. Alors que vous remettez en cause les informations données par des sources fiables et reconnues par la communauté internationale, je tiens à souligner que le rapport que vous mentionnez provient d'une organisation qui n'est pas neutre. Au vu de vos questions, permettez-moi de rappeler que la situation à Gaza est extrêmement volatile et incertaine et que les conditions de vie des Gazaouis sont catastrophiques, après 15 mois de guerre intense. L'accord de cessez le feu a permis pendant six semaines une courte fenêtre de répit, en débloquant l'acheminement massif de l'aide aux populations civiles. Mais Israël a décidé de reprendre les frappes militaires depuis le 18 mars 2025, de suspendre l'aide aux populations civiles et de priver Gaza d'électricité. Les besoins humanitaires des Palestiniens de Gaza atteignent aujourd'hui des niveaux d'alerte dans tous les secteurs et sont indiscutables. D'après les acteurs humanitaires internationaux reconnus (OCHA, Programme Alimentaire Mondial), plus de 59.000 tonnes de vivres sont nécessaires chaque mois pour permettre à l'ensemble de la population de 2,1 millions de personnes de manger, en ce compris les rations alimentaires, les aliments nécessaires pour maintenir la production des repas chauds et le blé nécessaire dans les boulangeries subsidiées pour offrir un pain à un prix abordable. Au 18 mars, malgré la reprise des hostilités, 19 boulangeries subsidiées étaient opérationnelles mais avec seulement un stock permettant de tenir deux semaines de production. Ce délai est donc à présent écoulé. Les capacités de stockage d'aliments pour le traitement des enfants souffrant de malnutrition aiguë sont très limitées compte tenu de la destruction massive des infrastructures dans la bande de Gaza. Ceci augmente la dépendance à l'entrée de ces aliments dans Gaza et ne permet qu'une réaction sur le court-terme, alors que la nutrition requiert une réponse soutenue pour être efficace. À noter que le niveau de destruction à Gaza est massif et inimaginable. La dernière évaluation des Nations Unies, de l'Union européenne et de la Banque Mondiale Interim Rapid Damage and Needs Assessment, sortie en février 2025, indique que les efforts de reconstruction nécessiteront plus de 50 milliards de dollars sur les dix prochaines années, dont 20 milliards déjà pour les trois prochaines années. L'actuel blocage de l'aide humanitaire à Gaza et la reprise des hostilités accroissent fortement les risques d'insécurité alimentaire à Gaza et de pénuries de nourriture. Aucune nourriture n'est rentrée à Gaza depuis le 2 mars 2025, ce qui a pour effet de faire monter les prix des denrées alimentaires commerciales, certains produits de base augmentant de plus de 200 %. Les acteurs du secteur de la sécurité alimentaire alertent sur le fait que plus d'un million de personnes risquent d'être privées de colis alimentaires et près de la moitié des cuisines communautaires fermées si l'aide n'est toujours pas autorisée à rentrer dans le courant du mois de mars, dans des conditions acceptables pour son acheminement. Ce délai est à présent presque écoulé et l'aide humanitaire est toujours bloquée. Nous rappelons qu'Israël, en tant que force occupante, en vertu du droit international humanitaire, porte la responsabilité principale de veiller à ce que les besoins fondamentaux de la population civile soient satisfaits et que lorsqu'il ne le fait pas, il a une obligation secondaire de permettre et faciliter l'acheminement rapide et sans entraves de l'aide humanitaire. |
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