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Bulletin n° : B010 - Question et réponse écrite n° : 0057 - Législature : 56


Auteur Patrick Prévot, PS (06967)
Département Ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale
Sous-département Mobilité, Climat, Transition environ.
Titre Les propriétaires de reefers.
Date de dépôt27/02/2025
Langue F
Publication question     B010
Date publication 07/04/2025, 20242025
Statut questionRéponses reçues
Date de délai04/04/2025

 
Question

La mondialisation nécessite des réseaux logistiques de plus en plus importants et fluides. Pour ce faire, j'ai appris l'existence de cargos frigorifiques qui se chargent du transbordement et du ravitaillement des bateaux de pêche dans les océans. Ces géants maritimes - d'une capacité de réfrigération de 10.000 tonnes et plus - s'appellent des reefers. Ces reefers sont en soi positifs pour le climat vu que leur ravitaillement de plusieurs navires de pêche évite le retour de ces derniers au port. Malgré tout, une opacité entoure le transbordement opéré car il peut servir à blanchir le transfert d'espèces pêchées illégalement ou à masquer l'origine des produits. Selon une étude publiée le 11 octobre 2024 dans la revue Science Advances, les 569 cargos frigorifiques appartiendraient principalement à des investisseurs russes et chinois (26 % pour les premiers et 20 % pour les seconds). Dans un communiqué de l'Université de Stockholm, la scientifique Frida Bengtsson considère qu'il faut y voir une bonne nouvelle: l'occasion de travailler avec ces acteurs clés afin de les inciter à améliorer leurs opérations ainsi que la traçabilité et la durabilité des produits de la mer. 1. Pouvez-vous donner votre retour sur cette étude publiée le 11 octobre 2024 dans la revue Science Advances? Le nombre de reefers est-il confirmé/infirmé ou en voie d'être confirmé/infirmé par une quelconque organisation officielle (comme l'Organisation maritime internationale)? Êtes-vous en mesure de confirmer/infirmer que près de la moitié (46 %) de ces cargos sont détenus par des propriétaires russe ou chinois? 2. La Belgique, en collaboration avec les autres États membres de l'Union européenne ou à un autre niveau de la diplomatie climatique, a-t-elle déjà eu l'occasion d'échanger au sujet des reefers? Si tel est le cas, qu'est-il ressorti de ces échanges? Comment la Belgique s'est-elle positionnée? 3. Toujours au niveau de la diplomatie climatique, des initiatives sont-elles en projet pour engager des discussions avec ces propriétaires afin de réguler leurs opérations, comme mentionné dans le communiqué suédois?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B016
Date publication 17/06/2025, 20242025
Réponse

Sur la base des informations reçues de l'Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM), seuls quelques 140 reefers d'une capacité de refroidissement de 10.000 tonnes ou plus ont été récupérés. Nous avons trouvé les mêmes informations dans la base de données de la Lloyd's List. Il est difficile de savoir quels types de navires ont été pris en compte par Science Advances. Il convient de préciser que le terme reefers est utilisé pour plusieurs types de navires, notamment pour les cargos frigorifiques dont il est question ici, mais aussi pour les porte-conteneurs transportant des conteneurs réfrigérés à bord. Selon les informations obtenues auprès de l'AESM, la liste dépasserait les 569 navires si l'on comptait également ces porte-conteneurs. Toutefois, nous supposons que les porte-conteneurs ne sont pas utilisés pour ce type de transbordement de poissons. Selon la base de données de la Lloyd's List, il s'agit principalement de reefers appartenant à des propriétaires japonais, mais il existe également des propriétaires russes, chinois, néerlandais, norvégiens, grecs, etc. de tels navires. La plupart de ces reefers naviguent sous le pavillon des Bahamas et du Libéria. Suite à des consultations auprès de divers acteurs impliqués dans la diplomatie climatique belge et européenne, nous comprenons qu'aucune discussion n'a encore eu lieu à ce sujet, et qu'elle n'est pas prévue dans un avenir proche. Il convient également de noter qu'aucun reefer de ce type n'est enregistré sous pavillon belge. De plus, les navires de pêche belges sont uniquement actifs dans les eaux côtières et ne dépendent pas d'autres navires pour transférer leurs prises ou pour se ravitailler. Cela explique probablement en partie pourquoi cette question n'est pas une priorité à l'agenda de la diplomatie belge.

 
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