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| Auteur | Steven Matheï, cd&v (07193) |
| Département | Premier ministre |
| Sous-département | Premier ministre |
| Titre | La préparation des citoyens belges à d'éventuelles perturbations des transactions financières. |
| Date de dépôt | 05/03/2025 |
| Langue | N |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 04/04/2025 |
| Question |
Compte tenu de récentes informations indiquant que les banques néerlandaises conseilleront aux consommateurs de retirer de l'argent liquide et de le conserver chez eux par précaution en raison des tensions géopolitiques, j'aimerais vous poser les questions suivantes. 1. Le gouvernement belge, en coopération avec le secteur financier, prévoit-il de prodiguer des conseils similaires à la population belge? Dans l'affirmative, quand et comment? 2. Quelles mesures les autorités belges prennent-elles pour préparer les citoyens à d'éventuelles perturbations des transactions financières à la suite, par exemple, de cyberattaques ou d'autres calamités? 3. Comment évaluez-vous le risque que font peser les tensions géopolitiques actuelles sur les infrastructures de paiement belges? 4. Quelles initiatives le gouvernement prend-il pour renforcer la résistance de notre système financier face à des cyberattaques? 5. Comment se déroule la coopération avec les assureurs pour informer les citoyens sur les risques et la couverture d'assurance de sommes importantes d'argent liquide gardées à domicile? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B010
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| Date publication | 07/04/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Je renvoie à ce propos au ministre des Finances, compétent en la matière. 2. Je renvoie à ce propos au ministre des Finances, compétent en la matière. 3. L'infrastructure numérique belge subit des pressions croissantes en raison de l'évolution des cybermenaces, qui ne sont plus exclusivement motivées par des raisons financières, mais prennent de plus en plus une dimension géopolitique. L'impact des cyberattaques va au-delà du risque financier traditionnel et constitue une menace potentielle pour la stabilité des infrastructures critiques, dont le système bancaire et les services de paiement numérique. Le Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB) observe des tendances spécifiques en ce qui concerne la situation du secteur financier et bancaire belge. En 2024, le nombre d'attaques DDoS (Distributed Denial of Service) contre les banques a légèrement augmenté en Belgique par rapport aux années précédentes. Les attaques DDoS visent à surcharger un système en envoyant un volume de trafic important vers le serveur de la cible afin de rendre le site Internet ou le service temporairement inaccessible. Le but n'est pas de s'introduire dans le système ou de voler des données, mais de perturber la disponibilité du service. Ces attaques peuvent perturber les services en ligne des établissements financiers, ce qui entraîne des interruptions opérationnelles et des atteintes à la réputation. Des facteurs géopolitiques, tels que le soutien de la Belgique à l'Ukraine, semblent également jouer un rôle, étant donné que certaines attaques ont été menées par le groupe hacktiviste pro-russe NoName057(16). Ce groupe est actif depuis le début du conflit russo-ukrainien en 2022 et utilise les attaques DDoS comme principale méthode de pression politique et économique. Il mène des attaques contre des organisations et des institutions publiques qu'il considère comme étant en conflit avec les intérêts russes. La fuite de données de connexion reste également un problème croissant, notamment pour le secteur financier. Les données ayant fait objet de la fuite permettent aux cybercriminels de se connecter aux systèmes et d'accéder à des informations confidentielles. Cela augmente le risque d'usurpation d'identité, de fraude et d'attaques ciblées telles que l'hameçonnage. Les rançongiciels constituent une menace permanente, les auteurs des attaques verrouillant des systèmes et exigeant une rançon. Le secteur financier est une cible attrayante pour ces attaques en raison des sommes d'argent souvent importantes en jeu. Les rançongiciels peuvent avoir de graves conséquences pour la gestion et la stabilité financière des banques. Le rapport de l'ENISA sur les cybermenaces dans le secteur financier européen (2023-2024) confirme cette analyse du CCB, en particulier pour le secteur financier au niveau européen. Il constate que le secteur est confronté à une série de cybermenaces qui sont renforcées par les évolutions géopolitiques. Le rapport identifie également les attaques DDoS, les fuites de données et les rançongiciels comme les menaces et risques majeurs pour ce secteur. Il mentionne, en outre, que les cybercriminels utilisent de plus en plus l'ingénierie sociale, l'hameçonnage, le smishing et le vishing pour voler des informations sensibles et commettre des fraudes financières. Ces tactiques visent à la fois les établissements financiers et leurs clients. Pour une analyse spécifique des risques de l'infrastructure de paiement belge, nous renvoyons à la Banque nationale de Belgique, qui a rédigé le rapport Financial Market Infrastructures and Payment Services Report 2024. 4. À la suite de l'introduction de la loi NIS2 le 18 octobre 2024, les entités de 18 secteurs, dont le secteur financier, sont obligées d'accroître leur cyberrésilience. Cela signifie que ces organisations doivent s'enregistrer en tant qu'entités NIS2, notifier les incidents significatifs et mettre en oeuvre les mesures de sécurité nécessaires. Le CCB fournit cinq services cruciaux aux entités NIS2, dont les établissements financiers belges, qui sont uniques en Europe: - Pour garantir une base solide en matière de cybersécurité, le CCB a développé le CyberFundamentals Framework (CyFun). Ce cadre de référence, auquel il est renvoyé dans l'arrêté royal exécutant la loi NIS2, offre aux services publics et aux secteurs critiques une approche normalisée de la sécurité numérique à quatre niveaux (small, basic, important et essential). Ces organisations peuvent utiliser l'outil de sélection CyFun pour déterminer le niveau de sécurité dont elles ont besoin. Les entités NIS2 peuvent démontrer que leurs mesures de cybersécurité répondent aux exigences NIS2 en présentant un certificat CyFun. - Le système d'alerte précoce EWS (Early Warning System) du CCB avertit les organisations en cas de cybermenace imminente. Le CCB surveille en permanence les cybermenaces et utilise l'EWS pour partager en temps utile des informations sur les vulnérabilités et les menaces émergentes avec les parties concernées. Cela permet aux organisations de prendre des mesures de protection proactives. - Le CCB envoie des alertes ciblées (Spear Warnings) aux entités où une vulnérabilité a été identifiée. Il s'agit d'un message individuel par e-mail, lettre ou appel téléphonique à une organisation spécifique, indiquant que le CCB a identifié un problème de cybersécurité dans son infrastructure informatique et comment le problème peut être résolu. - Soutien en cas d'incidents par le Cyber Emergency Response Team (CERT) du CCB, si nécessaire en concertation avec le Centre de crise National. Le CCB/CERT agit en tant que centre national de réponse aux incidents de sécurité informatique (CSIRT) et apporte une assistance lors du traitement d'incidents. - Supervision de la mise en oeuvre des exigences NIS2. Le CCB conseille vivement aux établissements financiers, entre autres, de mettre en oeuvre l'authentification multifacteur (MFA) comme couche de sécurité supplémentaire lors de la connexion à des systèmes critiques. En ajoutant une couche de sécurité supplémentaire en plus d'un mot de passe, l'accès non autorisé aux systèmes critiques et aux données sensibles est empêché. La MFA est un moyen simple mais efficace de sécuriser les comptes et les données des utilisateurs et de réduire le risque d'attaques. Le CCB propose des informations en ligne sur la mise en oeuvre de la MFA, afin que les organisations et leurs travailleurs puissent mieux se protéger contre les cybermenaces. Outre la NIS2, il existe également le règlement sur la résilience opérationnelle numérique (Digital Operational Resilience Act, DORA). Pour plus d'informations à ce sujet, je réfère au ministre des Finances, compétent en la matière. 5. Je renvoie à ce propos au ministre des Finances, compétent en la matière. |
| Descripteurs Eurovoc | PAIEMENT |
| Mots-clés libres | SYSTÈME DE PAIEMENT |