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| Auteur | Patrick Prévot, PS (06967) |
| Département | Ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale |
| Sous-département | Mobilité, Climat, Transition environ. |
| Titre | La quantité de méthane émise lors du sabotage de Nord Stream. |
| Date de dépôt | 25/02/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 28/03/2025 |
| Question |
Le gazoduc sous-marin Nord Stream avait, semble-t-il, subi un acte de sabotage courant de l'année 2022. À côté des enjeux géopolitiques liés au conflit russo-ukrainien, cet incident a été un drame environnemental en raison de la quantité de méthane émise dans cette zone de la mer Baltique. Ladite quantité est justement le sujet de ma question: les premières estimations rendues publiques oscillent entre 180.000 et 270.000 tonnes de gaz relâchés. Ces chiffres provenaient du Centre de Recherche sur l'Énergie et l'Air pur. En 2024, l'Université de Göteborg évaluait la part restée dissoute dans l'eau entre 10.000 et 50.000 tonnes. Selon une nouvelle étude publiée le 15 janvier 2025 dans la revue Nature, ce sont près de 465.000 tonnes de méthane qui se seraient échappées des pipelines, ce qui représenterait "la plus grande quantité de méthane enregistrée provenant d'un événement transitoire unique à ce jour". En ce qui concerne la dispersion de ce méthane, ce dernier a pu entraîner des répercussions sur 23 zones marines protégées et donc sur la biodiversité. 1. Pouvez-vous donner votre retour sur cette étude? 2. Connaitra-t-on à moyen terme la quantité précise de méthane dissoute dans l'eau lors de cet incident? 3. Comment évalue-t-on à l'heure actuelle l'impact de cette dispersion pour la biodiversité présente en mer Baltique? 4. Nous savons que cette région maritime est devenue plus que sensible depuis le ralliement de la Finlande et de la Suède à l'OTAN: comment se déroule le travail de préservation et de surveillance de cette biodiversité dans ce contexte? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B009
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| Date publication | 01/04/2025, 20242025 |
| Réponse |
Dans le domaine politique de la Transition écologique, une attention moindre est portée sur le thème de la biodiversité marine en raison du chevauchement avec les domaines politiques de la mer du Nord et de la Politique scientifique. Nous reconnaissons toutefois la pertinence de votre question. Contrairement à la mer du Nord, la mer Baltique est un réservoir où la circulation de l'eau de mer est limitée, de sorte que les incidents impliquant la libération de polluants, tels que le méthane, ont un impact plus important que dans d'autres endroits. Le Service Milieu marin, sous la responsabilité de madame la ministre Verlinden, et le service DO Nature au sein de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB), sous la responsabilité de madame la ministre Matz, emploient des experts ayant des connaissances plus spécifiques en la matière et entretiennent des contacts avec les États membres de l'Union européenne limitrophes de la mer Baltique pour répondre à vos questions. Dans l'intervalle, nous renvoyons également à cette publication (Mahmuda et al, 2023, Marine Methane: Sources And Potential Adverse Effects) qui traite explicitement des conséquences des fuites de méthane sur l'environnement et la biodiversité, et qui fait également référence au sabotage du Nord Stream. Pour répondre en partie la question, un expert de l'IRSNB a été chargé d'effectuer une première évaluation: - le méthane est peu soluble dans l'eau et s'est donc largement répandu dans l'atmosphère, et non dans la colonne d'eau. Ces fuites auront un impact sur le climat, mais les quantités qui se sont échappées sont relatives par rapport à d'autres sources d'émissions; - la partie qui se dissout dans la colonne d'eau est susceptible d'être convertie en biomasse et en CO2 par l'activité microbienne. Dans un premier temps, cela semble peu problématique; - en ce qui concerne l'impact spécifique sur la biodiversité marine, il faut plus de temps et de réflexion pour répondre à la question. La quantité de méthane qui s'est échappée est élevée, mais la concentration finale dans la colonne d'eau est plutôt faible. En établissant une comparaison avec un incident de marée noire, l'expert estime que l'impact sur la biodiversité marine sera également assez limité. |
| Desc. Eurovoc principal | BIODIVERSITE |
| Descripteurs Eurovoc | EXPLOSIF | HYDROCARBURE | MER BALTIQUE | UKRAINE | RUSSIE | BIODIVERSITE | RESEAU ENERGETIQUE |