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| Auteur | Frieda Gijbels, N-VA (06499) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté |
| Sous-département | Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté |
| Titre | Le recours aux services des urgences (QO 002400C). |
| Date de dépôt | 20/02/2025 |
| Langue | N |
| Publication question |
B009
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| Date publication | 01/04/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 28/03/2025 |
| Question |
L'Agence Intermutualiste (AIM) a récemment publié un rapport sur le recours aux services des urgences des hôpitaux, et une nette tendance à la hausse est observable. Des disparités manifestes existent également entre les régions. En effet, les urgences sont relativement plus souvent utilisées en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre. Par ailleurs, les patients bénéficiaires de l'intervention majorée (BIM) se rendent plus souvent aux urgences que les patients ne possédant pas ce statut. Les patients sont encore nombreux à se rendre aux urgences sans lettre de renvoi d'un médecin. Or, une admission est moins souvent nécessaire pour de telles consultations que lorsque le patient se présente avec un justificatif. 1. Quels efforts sont-ils entrepris pour parvenir à un recours adéquat aux services des urgences? 2. Les patients qui se rendent aux urgences sans lettre de renvoi s'exposent, en principe, à des coûts plus élevés. Des données enregistrées permettent-elles de savoir si ces coûts supplémentaires sont systématiquement facturés et payés? Pouvez-vous en fournir un aperçu? Les patients concernés sont-ils responsabilisés individuellement d'une autre manière? 3. Comment expliquez-vous l'existence de disparités assez marquées entre les régions dans le recours aux services d'urgence? 4. Comment expliquez-vous les différences entre les patients BIM et les autres? 5. Est-il possible de chiffrer le coût du recours inadéquat aux services des urgences? 6. Selon vous, quelles mesures complémentaires peuvent être prises pour stopper l'afflux croissant de patients dans les services des urgences? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B013
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| Date publication | 12/05/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Je pense qu'un certain contexte sous-jacent a son importance. La Belgique connaît une longue tradition de liberté de choix. Et nous constatons que cette liberté est profondément enracinée chez nos concitoyens. Des systèmes tels que le triage téléphonique via le numéro 1733 tentent cependant de diriger le patient vers le trajet de soins correct, mais dans la pratique nous constatons régulièrement que des patients qui avaient été orientés vers un médecin généraliste p. ex., préfèrent se rendre dans un service des urgences. Les raisons sous-jacentes pour s'écarter du trajet de soins recommandé sont multifactorielles: - le patient veut être aidé sur-le-champ. Il ne veut pas attendre un rendez-vous chez un médecin généraliste ou dans un poste de garde ou trouve les délais trop longs; - malgré le système du tiers payant chez le médecin généraliste et dans les postes de garde, la facturation différée pratiquée par les hôpitaux joue toujours un rôle dans le choix du citoyen. Les frais sont certes plus élevés aux urgences, mais ils n'arrivent souvent que plusieurs semaines plus tard; - les patients jugent "l'approche plus étendue" dans un service des urgences meilleure, parce qu'ils peuvent y obtenir des examens de laboratoire, de l'imagerie médicale, etc. Cela dit, nous prenons évidemment des initiatives pour promouvoir le recours correct aux services des urgences et éviter un afflux encore plus important aux urgences. J'aborde cela dans le cadre de la réponse au point 6. 2. Pour des chiffres concernant les numéros de nomenclature aux services des urgences, nous vous renvoyons au rapport de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité sur les admissions aux urgences du 5 septembre 2024. Dans ce rapport, on constate que, proportionnellement, il est plus fréquent qu'un patient se présente aux urgences sans lettre de renvoi que muni de celle-ci. 3. Différentes hypothèses ont été avancées pour expliquer les différences d'admissions aux urgences entre les régions. Certaines hypothèses sont plus difficiles à étayer par des données objectives que d'autres, mais cela ne signifie pas nécessairement qu'elles sont moins valables. Je parcours brièvement en revue les principales: La disponibilité de médecins généralistes: les soins de première ligne sont mieux organisés en Flandre qu'à Bruxelles et en Wallonie. La Flandre dispose d'un plus grand nombre de médecins généralistes par habitant ainsi que d'un vaste réseau de postes de garde de médecine générale. Les habitants ont ainsi plus facilement accès aux soins médicaux, même en dehors des heures de travail habituelles, et ils seront moins enclins à se rendre aux urgences. Les conditions socioéconomiques: en Wallonie et dans certaines parties de Bruxelles, le taux de pauvreté est plus élevé et le niveau moyen d'éducation plus faible qu'en Flandre. Cela affecte la littératie en santé, ce qui signifie que les gens sont moins conscients des alternatives aux urgences telles que les médecins généralistes ou les postes de garde de médecine générale. Par ailleurs, les personnes ayant un revenu plus faible ou n'ayant pas de médecin de famille attitré sont davantage susceptibles d'opter pour le service des urgences car elles n'ont pas à payer les frais immédiatement et l'accès est plus facile. Nous devons également tenir compte du fait que les personnes appartenant à ces groupes sont plus susceptibles de souffrir de maladies chroniques et de problèmes médicaux aigus, ce qui signifie qu'elles ont besoin de soins médicaux plus fréquemment. Des différences culturelles: à Bruxelles et en Wallonie, certaines communautés sont culturellement moins réticentes à se rendre aux urgences, même pour des problèmes non urgents. Cela s'explique souvent par le fait que ces personnes ou leurs familles viennent de pays où les services d'urgence sont généralement utilisés comme soins de première ligne. Cette habitude peut se poursuivre après la migration. Cette différence d'approche entraîne un afflux plus important de cas non urgents dans les services d'urgence bruxellois et wallons. La composition de la population: outre les différences culturelles entre les groupes de population que j'ai évoquées ci-dessus, les expatriés et les personnes qui n'ont pas de médecin généraliste attitré à Bruxelles sont plus susceptibles de se rendre aux urgences parce qu'elles n'ont pas d'autre accès aux soins médicaux. 4. Le SPF ne dispose pas de chiffres sur les différences entre patients avec et sans statut BIM. 5. Le SPF n'a pas encore effectué ce calcul, et n'est pas en mesure de le faire à aussi bref délai. 6. Comme je l'ai signalé au point 3, l'une des principales hypothèses pour l'augmentation du recours aux services des urgences est la pénurie de médecins généralistes combinée à l'indisponibilité de ceux-ci. Il est dès lors crucial, selon moi, de s'attaquer à ces problèmes. Pour cela, le quota pour l'examen d'entrée en faculté de médecine a été relevé depuis plusieurs années déjà, mais compte tenu de la durée de la formation, les conséquences de cette mesure ne porteront leurs fruits que dans quelques années. Nous devons en outre continuer à oeuvrer pour accroître l'accessibilité des postes de garde de médecine générale, en particulier à Bruxelles et en Wallonie. Une approche conjointe en concertation avec les entités fédérées s'impose. Par ailleurs, nous devons continuer à promouvoir les mesures qui ont été prises pour sensibiliser et éduquer la population. Les campagnes actuellement organisées par divers hôpitaux et postes de garde de médecine générale peuvent y contribuer. |
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