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| Auteur | Michel De Maegd, MR (07122) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | La situation au Mozambique suite aux élections (QO 002488C). |
| Date de dépôt | 24/02/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 28/03/2025 |
| Question |
Depuis l'annonce des résultats définitifs des élections générales au Mozambique, le pays traverse une crise majeure marquée par des violences intenses, des destructions de biens publics et privés, et une instabilité croissante. Le parti historique au pouvoir, le Frelimo, a été déclaré vainqueur avec 65,17 % des voix, mais l'opposition conteste fermement ces résultats, dénonçant des fraudes électorales. Les chiffres rapportés par des organisations locales et des médias internationaux font état d'au moins 56 morts et 380 blessés, à l'heure de déposer cette question. Des pillages, des incendies volontaires et des attaques contre des bâtiments publics, y compris des postes de police et le siège du Frelimo, ont été signalés. À cela s'ajoutent des évasions massives dans les prisons du pays, dont la fuite spectaculaire de plus de 1.500 détenus de la prison de haute sécurité de Maputo. 1. Quel bilan faites-vous de la situation? Quelle en est votre analyse politique? 2. Des citoyens belges ou des intérêts économiques belges ont-ils été affectés par ces violences et ce climat d'instabilité? 3. La Belgique a-t-elle pris, ou envisage-t-elle de prendre, des mesures spécifiques dans le cadre de l'Union européenne ou d'autres instances internationales pour encourager une médiation entre les parties prenantes au Mozambique? 4. Quelles actions diplomatiques la Belgique préconise-t-elle, au coeur du concert européen, pour contribuer à un retour rapide au calme et à la stabilité au Mozambique, notamment en ce qui concerne le respect des processus électoraux et démocratiques? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B009
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| Date publication | 01/04/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. En réponse à votre question, je vous confirme que la divulgation et validation progressive des résultats des élections du 9 octobre dernier ont donné lieu à des protestations et manifestations de masse que l'on n'avait encore jamais vu au Mozambique. On évoque plus de 300 personnes qui sont mortes dans ces événements violents. La population a clairement exprimé son rejet du parti Frelimo au pouvoir depuis 1975. Les Mozambicains ont embrassé la figure et les discours du candidat présidentiel indépendant Venâncio Mondlane, dont les revendications ont évolué de la vérité électorale à des revendications socio-économiques. Au moment où je vous parle et depuis l'investiture du nouveau président Daniel Chapo le 15 janvier, le calme est heureusement revenu, les protestations ayant perdu leur enjeu principal. L'installation du nouveau Parlement, dans lequel le parti d'opposition Podemos dispose de 43 sièges (sur 250), s'est également déroulé sans incidents. Le 5 mars 2025, le président a par ailleurs signé un Accord de dialogue inclusif avec tous les partis politiques qui se sont engagés à participer à un processus d'identification et de formulation de réformes-clés, qui concernent tant des questions de gouvernance que d'organisation de l'Etat, du système électoral et de la justice. 2. Hormis deux compatriotes dont les commerces avaient été pillés, aucun ressortissant belge ni organisation belge (p. ex. Enabel qui est présente à Maputo et dans les provinces de Zambézia, Nampula et Manica) n'ont été victimes des violences ou de la répression. Notre poste diplomatique à Maputo suivait la situation de près et envoyait régulièrement des conseils de sécurité à la communauté belge. L'aéroport international de Maputo est toujours resté opérationnel ainsi que la majorité des réseaux de communication. 3. Notre poste diplomatique collabore étroitement avec la délégation de l'Union Européenne présente à Maputo et suit notamment de près le processus de mise en oeuvre des réformes mentionnées au premier point suite à l'Accord de dialogue inclusif. L'Union européenne et ses États membres restent à la disposition du nouveau gouvernement afin de faciliter les processus de dialogues et de soutenir d'éventuelles réformes devant mener, tel que déclaré par le président Chapo, à la consolidation du système politique pluraliste et démocratique au Mozambique. 4. La Belgique a participé à la mission d'observation électorale de l'Union Européenne dont le rapport, contenant observations et recommandations, a été transmis au autorités concernées. Le nouveau président a entre-temps affirmé qu'il est déterminé à réformer les institutions de l'Etat, de manière substantielle et rapide, y compris la loi électorale. Il s'est dit ouvert à revoir la nomination de secrétaires d'État par le président dans toutes les provinces. Nous ne manquerons pas, en collaboration avec les partenaires européens, de suivre attentivement la situation et à évaluer les objectifs de la nouvelle équipe gouvernementale d'affronter les causes profondes des tensions politiques actuelles et de répondre à la volonté de changement de la jeunesse et de la population mozambicaine dans son ensemble. |
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