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Question et réponse écrite n° : 0001 - Législature : 56


Auteur Ellen Samyn, VB (07076)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre Le projet Global Gateway.
Date de dépôt20/02/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai28/03/2025

 
Question

Le projet Global Gateway devrait devenir le pendant vert, européen et démocratique de la nouvelle route de la soie chinoise ou Belt and Road Initiative. En proposant sa propre initiative, l'Union européenne entendait ainsi endiguer quelque peu la concurrence très rude de Pékin en matière de projets d'infrastructure et de chaînes d'approvisionnement. Cette initiative et en particulier notre rôle à cet égard sont globalement peu abordés dans les médias. Le Global Gateway prône des investissements d'environ 300 milliards d'euros entre 2021 et 2027 dans le secteur du numérique, de l'énergie durable, des infrastructures de transport, des systèmes de santé et d'enseignement. Un problème se pose toutefois: loin d'être une alternative pour la nouvelle route de la soie chinoise, le Global Gateway semble au contraire en être tributaire. Par exemple, si l'on en croit le média américain Politico, ce sont des entreprises d'Etat chinoises qui développent de nombreux projets financés par l'UE dans le cadre du Global Gateway. À l'inverse, l'UE est très peu associée aux projets parrainés par la Chine pour la nouvelle route de la soie. Les conditions de concurrence sont donc inégales. En outre, le budget de la Chine pour la nouvelle route de la soie est bien plus élevé, puisqu'il atteint 800 à 900 milliards d'euros. La Chine peut également mobiliser beaucoup plus facilement que l'UE ses banques et entreprises d'État à des fins stratégiques. En outre, Pékin ne tient évidemment pas compte des normes environnementales ou climatiques ni des droits humains, ce qui entraîne également des coûts largement inférieurs pour des pays africains. 1. Où en est le projet Global Gateway? Quand vous êtes-vous entretenu ou votre prédécesseure, Mme Lahbib, s'est-elle entretenue pour la dernière fois avec des représentants de la Commission européenne ou d'autres institutions de l'UE ou avec vos homologues à ce sujet? Sommes-nous sur la bonne voie pour atteindre les objectifs ou les projets prennent-ils du retard? 2. Comment évaluez-vous le danger que comporte l'octroi à la Chine d'un avantage concurrentiel encore plus important en Afrique, eu égard au fait qu'elle est partie prenante dans la construction de beaucoup de nos infrastructures? 3. À combien évaluez-vous nos chances de pouvoir concurrencer l'initiative chinoise Belt and Road, eu égard aux facteurs que j'ai énumérés dans l'introduction? 4. Quel rôle la Belgique joue-t-elle dans le projet Global Gateway? Quelles entreprises y sont-elles associées? Comment les négociations avec nos partenaires d'Europe, d'Afrique et d'Amérique latine se déroulent-elles? A-t-on déjà une idée des retours sur investissement pour l'économie belge? 5. Où en est le contrôle démocratique de ce projet? À quelle fréquence et comment la Commission européenne rend-elle compte au Parlement européen et aux États membres à ce sujet? De quels mécanismes de contrôle les États membres disposent-ils pour défendre leurs intérêts nationaux?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B009
Date publication 01/04/2025, 20242025
Réponse

Global Gateway est une stratégie par laquelle l'Union européenne (UE) vise à rendre plus visibles ses investissements existants dans les pays tiers tout ainsi que de déployer ses ressources de manière plus stratégique et qualitative. Mon administration entretient à cet effet des contacts réguliers à tous les niveaux et sur tous les aspects. Mon SPF travaille également en étroite collaboration avec les différentes acteurs en Belgique, notamment par le biais de la plateforme intra-belge semestrielle Global Gateway. Ces conversations et notre propre suivi montrent de réels progrès. Les budgets de l'UE en question - qui concernent initialement une grande partie de l'instrument Neighbourhood, Development and International Cooperation - Global Europe Instrument - ont été réorientés vers les priorités et les méthodes de travail du Global Gateway lors de l'examen à mi-parcours du cycle budgétaire actuel. Il existe déjà des méthodes et des instruments financiers; d'autres mécanismes financiers sont mis en place. Global Gateway est de mieux en mieux intégré dans notre communication avec les pays partenaires. Néanmoins, des défis subsistent avec Global Gateway. La valeur ajoutée du label Global Gateway pour nos entreprises est trop peu claire. La mobilisation du secteur privé reste un défi majeur. Les ressources financières sont très dispersées. Je ne dois pas non plus vous dire que l'environnement mondial dans lequel nous travaillons est plus difficile aujourd'hui. Nous devons rester attentifs au risque que nos investissements dans Global Gateway soient réalisés par d'autres. Dans tous les projets, les normes élevées fixées par l'Europe doivent être appliquées. Global Gateway améliore notre capacité à rivaliser efficacement avec la Chine et à créer des alternatives à une coopération avec la Russie. Cette alternative que nous proposons est une alternative souhaitée par de nombreux partenaires. Il existe un intérêt pour le développement durable et pour une coopération équitable basée sur des besoins réels. La puissance chinoise est bien sûr réelle. Cela accentue l'importance d'une bonne coopération européenne. La Belgique y participe activement, tant à travers sa coopération au développement que ses entreprises privées. Pour déterminer le projet phare belge pour 2025, une douzaine de projets dans différentes régions ont été examinés. Finalement, le projet du port de Cotonou, au Bénin, a été retenu. Le Port d'Anvers-Zeebrugge International et Enabel y jouent un rôle important. Ce type de collaboration entre la coopération officielle au développement, qui peut offrir des aspects complémentaires aux projets d'infrastructures matérielles, comme le renforcement des capacités et la formation, et les entreprises privées est l'une des valeurs ajoutées de l'offre européenne que met en avant Global Gateway. Les mécanismes de contrôle habituels dont disposent les États membres pour défendre leurs intérêts nationaux s'appliquent également à Global Gateway. Un groupe de travail du Conseil, RELEX Questions horizontales, est responsable du suivi quotidien par les États membres. Les conclusions du Conseil sont en négociation depuis plusieurs mois. Un Global Gateway Board spécifique fournit des orientations stratégiques mais il ne s'est pas réuni depuis 2021. La Belgique préconise de reprendre les réunions. Il existe également un groupe consultatif d'entreprises - composé de quatre entreprises belges - et une plateforme consultative de la société civile et des autorités locales. Le SPF Finances surveille les aspects financiers.

 
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