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| Auteur | Hervé Cornillie, MR (06318) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | Impact sur la filière de l'évolution de la quantité de viande consommée en Belgique (QO 003090C). |
| Date de dépôt | 24/03/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 28/04/2025 |
| Question |
L'agence Statbel diffuse périodiquement des chiffres concernant l'évolution de la consommation humaine apparente de viande. La consommation apparente de viande correspond à la quantité de viande disponible sur le marché (en kg équivalent carcasse). Elle ne représente pas la consommation réelle de viande par habitant, mais donne des indications. La consommation apparente annuelle de viande par habitant est passée sous la barre des 80 kg par an et par habitant en 2023, soit une diminution de 1,5 % par rapport à 2022. Elle semble suivre les nouvelles habitudes alimentaires qui tendent vers une diminution, une limitation de la consommation de viande (flexitarianisme), voire une absence de celle-ci (végétarianisme, véganisme). Cette diminution est à mettre en perspective avec les chiffres démographiques de la Belgique, à la hausse. De manière globale, la consommation en viande à l'échelle européenne a fortement augmenté de l'après-guerre à la fin des années 90. Depuis, elle connaît une évolution à la baisse. Au niveau mondial, en revanche, la consommation carnée a plus que triplé depuis 1970. La France a annoncé que pour 2027, elle aurait besoin d'importer davantage encore de viande pour satisfaire les besoins de la population française. Cela vaut également pour le lait. En effet, le cheptel bovin a perdu près d'un million de têtes depuis 2016 dans l'Hexagone. Malgré le recul de la consommation de viande, la France risque donc de dépendre de plus en plus des importations. Aujourd'hui, la production nationale ne couvre déjà plus que 90 % des besoins en viande. 1. La Belgique fait-elle face au même problème d'approvisionnement que la France, à terme? 2. Quels sont les données dont nous disposons? 3. Comment l'agriculture se prépare-t-elle a cette éventualité? Comment rassurer nos agriculteurs? 4. Quelles sont les éventuelles conséquences de la fièvre catarrhale? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B009
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| Date publication | 01/04/2025, 20242025 |
| Réponse |
Selon les statistiques de Statbel, entre 2018 et 2023, dernière année pour laquelle des chiffres sont disponibles, la Belgique a enregistré une baisse de 6,4 % du cheptel bovin et de 13,4 % du cheptel porcin. Toutefois, dans le même temps, le nombre de volailles a augmenté de 14,7 %. Parallèlement, le taux d'auto-approvisionnement en viande, qui mesure la capacité d'un pays à couvrir ses besoins par sa production, est passé de 220 % à 186 %. La production nationale de viande reste donc largement supérieure aux besoins mais la tendance à la baisse mérite toute notre attention pour le futur. Et à présent, nous disposons des outils permettant de suivre cette évolution. Le secteur agroalimentaire est reconnu comme un secteur critique par le gouvernement ainsi que par l'Union européenne en application de la directive CER. Celle-ci identifie l'agriculture, la production, la transformation et la distribution alimentaires comme des secteurs critiques nécessitant un plan de résilience. Pour renforcer cette protection, je désignerai prochainement l'autorité sectorielle en charge, conformément à l'échéance européenne de janvier 2026. Les agriculteurs peuvent être rassurés: leurs activités sont monitorées au plus près et sont reconnues comme stratégiques. En Belgique, une concertation structurelle existe entre les différents acteurs de la chaine agroalimentaire: la concertation de la chaîne alimentaire. Son objectif est d'améliorer la coopération au sein du secteur. Bien qu'il s'agisse d'une initiative privée, le SPF Économie soutient ses travaux, notamment en fournissant des analyses objectives. Concernant la situation sanitaire, la mortalité des bovins et, surtout, des ovins a augmenté durant l'été par rapport à la même période l'année précédente. La fièvre catarrhale a entraîné une baisse de l'offre de viande et de lait ainsi que des restrictions sur les exportations de bovins vivants, impactant les échanges commerciaux. Les éleveurs ont subi des pertes économiques importantes dues à la mortalité animale, à la diminution de la production laitière et aux restrictions commerciales. Ces difficultés se sont traduites par une hausse de 6 % du prix carcasse AS2 entre janvier et décembre 2024, ainsi qu'une augmentation de 27 % du prix du lait cru payé aux producteurs. C'est précisément pour ces différentes raisons que j'ai décidé d'instaurer une campagne de vaccination obligatoire en 2025. Face à cette situation, nous ne pouvions rester passifs. La vaccination est aujourd'hui le seul rempart efficace pour protéger notre cheptel et garantir la stabilité de notre production. |
| Desc. Eurovoc principal | POLITIQUE AGRICOLE |
| Descripteurs Eurovoc | ELEVAGE | POLITIQUE AGRICOLE | PRODUIT CARNE |