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Bulletin n° : B008 - Question et réponse écrite n° : 0214 - Législature : 56


Auteur Julie Taton, MR (07800)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Coopération au développement et de la Politique des Grandes Villes
Sous-département Aff soc, Santé, Coop Dével, Grandes Villes
Titre Limites de l'IMC pour mesurer l'obésité.
Date de dépôt23/01/2025
Langue F
Publication question     B008
Date publication 27/03/2025, 20242025
Statut questionQuestion publiée sans réponse
Date de délai28/02/2025

 
Question

Dans la revue scientifique The Lancet, des experts plaident en faveur d'outils plus précis que l'indice de masse corporelle (IMC) pour mesurer le surpoids et l'obésité, et tenant compte de la répartition de la graisse corporelle. C'est un outil de mesure évaluant la corpulence d'une personne qui remonte au XIXe siècle. Connu sous son acronyme IMC, il se calcule en divisant le poids par la taille au carré. On l'appelle aussi "indice Quetelet", en référence au statisticien belge éponyme qui l'a mis au point au XIXe siècle. Son indice reste un outil central pour les médecins et les épidémiologistes, malgré des critiques croissantes sur son utilisation à titre individuel. Consciente de ces limites, l' Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère cependant l'IMC comme un outil simple et pratique pour évaluer les risques de santé liés au poids au sein des populations (diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, troubles musculo-squelettiques et certains cancers). Selon le rapport publié dans The Lancet Diabetes et Endocrinology, se fier uniquement à l'IMC est "inefficace", car cette mesure n'évalue pas directement la masse grasse ni sa répartition et ne fournit pas d'information sur l'état de santé d'une personne. Bien qu'utile en tant qu'outil de dépistage, l'IMC doit être suivi par des indicateurs médicaux plus pertinents, insistent les chercheurs. L'indice Quetelet permet de déterminer si un individu est en insuffisance pondérale (IMC inférieur à 18,5) ou, au contraire, en surpoids (IMC situé entre 25 et 30) ou en état d'obésité (IMC supérieur à 30). Concrètement, un individu pesant 70 kg pour 1,70 m aura un IMC de 24,2, considéré comme "normal". Mais les différences de répartition de la graisse entre un homme et une femme ne sont pas prises en compte. Et quid d'un joueur de rugby très musclé sans être "obèse"? Dans l'article paru dans The Lancet, les experts spécialisés en endocrinologie, médecine interne, chirurgie, biologie, nutrition et santé publique appellent à une "reconsidération" de l'obésité qui cause des dommages majeurs sur tous les continents et coûte des milliards aux systèmes de santé. La refonte qu'ils proposent, approuvée par plus de 75 organisations médicales à travers le monde, recommande d'intégrer des mesures supplémentaires pour diagnostiquer l'obésité, telles que le rapport taille-hanche ou taille-taille, ainsi que des signes et symptômes objectifs de mauvaise santé, comme l'essoufflement, p. ex. Le professeur Francesco Rubino, président de la commission de The Lancet, explique que ces changements offrent aux systèmes de santé l'occasion d'adopter une définition universelle et cliniquement pertinente de l'obésité, ainsi qu'une méthode de diagnostic plus précise. Avec plus d'un milliard de personnes touchées par l'obésité aujourd'hui, aucun pays, riche ou pauvre, ne peut se permettre d'ignorer l'importance d'un diagnostic précis et adapté. "Pour diagnostiquer correctement l'obésité clinique, il est nécessaire d'évaluer l'impact du poids sur la santé globale", confirme l'association belge d'étude de l'obésité Baso, qui propose un outil pratique à destination des médecins: "Une stadification plus détaillée de la condition est essentielle pour éviter à la fois les surdiagnostics et les sous-diagnostics." Il est crucial de dépister à temps les complications liées à l'obésité chez toute personne ayant un poids élevé, souligne encore l'association. 1. De façon générale, où vous positionnez-vous par rapport à la prise en considération de l'obésité dans notre pays? 2. Comment évaluez-vous le chemin parcouru en la matière grâce à votre politique ces dernières années? 3. Par quels voies et moyens comptez-vous travailler le volet de la prévention de l'obésité? 4. Êtes-vous favorable à l'adoption de nouveaux outils de calcul de l'obésité et du surpoids? Pour quels motifs? 5. Que pensez-vous de l'outil pratique proposé par Baso aux médecins?

 
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Descripteurs EurovocPOLITIQUE DE LA SANTE | MALADIE DE LA NUTRITION