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| Auteur | Marie Meunier, PS (07810) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Coopération au développement et de la Politique des Grandes Villes |
| Sous-département | Aff soc, Santé, Coop Dével, Grandes Villes |
| Titre | L'augmentation du burn-out (QO 001704C). |
| Date de dépôt | 09/01/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 14/02/2025 |
| Question |
En ce mois de Blue Monday, j'aimerais attirer l'attention sur la problématique des burn-out. En effet, le mois de janvier est un moment où les entrées en invalidité pour cause de burn-out atteignent un pic. Les chiffres récents de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI) montrent une augmentation préoccupante des cas d'invalidité pour cause de burn-out, atteignant 18 % des nouvelles invalidités en 2023 chez les salariés, contre 14 % en 2020. Ces chiffres confirment que l'épuisement professionnel continue de progresser. Face à cette situation, le projet pilote mené par Fedris dans les secteurs hospitalier et bancaire depuis 2019 a montré des résultats prometteurs en matière de prévention et de traitement du burn-out. La réduction significative des plaintes de burn-out, le retour au travail facilité et la diminution du recours aux médicaments, aux consultations et aux examens médicaux sont des preuves de l'efficacité de cette approche. 1. Quelle lecture faites-vous de l'évolution continue des chiffres de burn-out en Belgique? 2. Dans quelle mesure le projet pilote de Fedris vous a convaincu de l'intérêt de son extension à tous les secteurs? 3. Pouvez-vous expliquer comment le projet sera concrètement déployé, notamment dans des secteurs diversifiés où les besoins et les réalités ne sont pas les mêmes? 4. Le programme bénéficie désormais d'un budget de 6 millions d'euros. Quels résultats attendez-vous de cet investissement? 5. Vous êtes à la table des négociations pour un futur gouvernement. Quels objectifs en termes de réduction des invalidités liées au burn-out vous semblent prioritaires pour les années à venir? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B006
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| Date publication | 24/01/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Les chiffres de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI) que vous mentionnez ne concernent pas spécifiquement le burn-out mais englobent également ceux de la dépression. Il convient donc de nuancer l'interprétation de ces données. Cela dit, l'on ne peut que s'inquiéter de l'évolution des invalidités de longue durée pour difficultés psychologiques, et d'autant plus lorsque ces difficultés sont liées à la confrontation à des risques psychosociaux. Il y a donc un véritable enjeu de santé publique à repérer la détresse psychologique au plus tôt de ses manifestations. C'est le travail quotidien des professionnels de santé, des acteurs de prévention et en réalité, cela nous concerne tous, chacun dans nos compétences respectives. 2. En agissant tôt, le projet pilote de Fedris a démontré dans deux secteurs exposés à des risques psychosociaux différents que l'on pouvait aboutir à des résultats extrêmement positifs en termes de santé physique et mentale et en termes de maintien et de retour au travail. Tenant compte de l'efficacité d'un trajet d'accompagnement mixte (Individu-Travail) tel que proposé par Fedris et du fait que le burn-out est la conséquence "d'un stress professionnel chronique qui n'a pas été géré avec succès" (CIM-11; WHO, 2019), les résultats montrent que le trajet d'accompagnement proposé par Fedris agit au plus tôt, à la source du burn-out, à savoir sur les problèmes de stress lié au travail. En évitant que ces problèmes ne deviennent chroniques et/ou ne s'aggravent, donnant lieu à d'autres comorbidités, Fedris assure pleinement sa mission de prévention secondaire de la souffrance mentale en lien avec le travail. Avec de tels résultats positifs, le passage en programme et l'extension à tous les secteurs relevant de son champ de compétences sont devenus évidents. Néanmoins, et c'est aussi un enseignement que Fedris a tiré de son projet pilote, il y a encore des choses à faire en termes de répercussions sur l'organisation du travail et sur la perception de ces répercussions par les travailleurs. Sur base de ce constat, Fedris a adapté son programme pour faciliter davantage encore la concertation entre acteurs de santé et acteurs de prévention au travail et en prévoyant un suivi des travailleurs ayant effectué le trajet. Elle espère ainsi que des synergies puissent se créer et le lien entre prévention secondaire et primaire s'intensifier. 3. Le déploiement du nouveau programme de Fedris se fait de façon progressive. Celui-ci est depuis avril 2024 ouvert à l'ensemble du secteur privé et aux administrations provinciales et locales (APL). Une campagne d'information est en cours?; elle s'intensifiera en 2025 et deviendra régulière dans l'avenir. Il en va de même pour les campagnes destinées à renforcer le réseau d'intervenants. L'avantage du trajet proposé par Fedris est qu'il s'adapte aux besoins de chaque travailleur quel que soit son secteur d'activité et sa profession. Il fait appel à un réseau des professionnels formés, expérimentés et qualifiés disposant des connaissances, compétences et expérience nécessaires à l'évaluation et à la prise en compte des aspects organisationnels et personnels de l'épuisement professionnel. Fedris continuera à monitorer l'efficacité de son programme et à l'ajuster le cas échéant pour qu'il réponde au mieux aux besoins des travailleurs et facilite une action à un niveau plus collectif, sur les composantes structurelles et organisationnelles générant de la souffrance au travail. 4. En terme de résultats, il est difficile d'estimer le coût des dommages évités grâce à la prévention. Toutefois, si l'on se base sur les résultats du projet pilote, on peut formuler l'hypothèse que son extension aura un retour sur investissement similaire mais à plus grande échelle, notamment en termes d'amélioration de la santé et du bien-être des travailleurs concernés, en termes de maintien et de retour au travail, ainsi que sur les coûts que représente globalement la souffrance mentale au travail tant au niveau individuel qu'au niveau collectif et social. À titre d'exemple: En termes d'emploi, on passe de 45 % des participants au travail (au moment de la prise en charge, 55 % des travailleurs étaient en arrêt de travail de moins de deux mois) à un taux de 80 % après la prise en charge. 5. Bien entendu, nous ne pouvons pas anticiper le résultat des négociations et les objectifs concrets. Mais le sujet figure en bonne place à l'ordre du jour. Il s'agit à la fois d'initiatives de prévention et de conseils spécialisés et opportuns. |
| Desc. Eurovoc principal | POLITIQUE DE LA SANTE |
| Descripteurs Eurovoc | INCAPACITE DE TRAVAIL | POLITIQUE DE LA SANTE | TENSION MENTALE | SANTE MENTALE |
| Mots-clés libres | INAMI |