...

Question et réponse écrite n° : 0160 - Législature : 56


Auteur Vincent Van Quickenborne, OPNVLD (00972)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Coopération au développement et de la Politique des Grandes Villes
Sous-département Aff soc, Santé, Coop Dével, Grandes Villes
Titre L'approche du burn-out sur la base des données et directives (QO 001328C).
Date de dépôt20/12/2024
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai28/01/2025

 
Question

Environ 40.000 des plus de 500.000 personnes en incapacité de travail de longue durée (8 %) sont inactives en raison d'un burn-out. À l'heure actuelle, on ne sait pas vraiment qui reçoit des soins adaptés reposant sur des preuves. Je pense notamment aux données relatives au secteur des soins, et plus précisément aux hôpitaux. Des études réalisées par le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE, rapport 325a en 2019 et rapport 353a en 2022) montrent de quelle manière des ensembles de données et études existants peuvent être utilisés pour détecter le burn-out sur le lieu de travail et évaluer la manière dont l'employeur gère ces situations. Ainsi, le risque élevé d'épuisement émotionnel (l'une des trois dimensions clés du risque de burn-out) varie de 7 % à 76 % chez les infirmiers des hôpitaux étudiés. Cela signifie que dans certains hôpitaux, 7 % des infirmiers font face à ce risque élevé, tandis que dans d'autres hôpitaux, ce chiffre s'élève à 76 %. On constate aussi de très grandes variations en ce qui concerne les deux autres dimensions clés du burn-out: le sentiment denon-accomplissement personnel et le risque de dépersonnalisation. Ces ensembles de données existants sont pourtant peu utilisés pour ajuster la politique de ressources humaines sur le terrain et prévenir le burn-out. Des directives et trajets de soins ont été soigneusement élaborés pour traiter le burn-out. Je me réfère, par exemple, au trajet de soins développé par le Centrum voor Omgeving en Gezondheid de la KU Leuven, à la demande du Centre d'expertise en matière d'incapacité de travail (Institut national d'assurance maladie-invalidité - INAMI). Un tel trajet de soins comprend des consultations auprès d'un médecin généraliste et d'un psychologue (dix séances). Ici aussi, force est de constater que pour les 40.000 personnes en incapacité de travail de longue durée en raison d'un burn-out, nous n'avons aucune idée de la mesure dans laquelle chacune d'entre elles reçoit les soins et l'accompagnement appropriés reposant sur des preuves. Or, l'absence de données nous empêche d'optimiser, le cas échéant, ces soins et cet accompagnement. 1. Avez-vous une idée de la mesure dans laquelle la prévention et le traitement du burn-out reposent sur des preuves? Dans l'affirmative, pouvez-vous fournir les chiffres? 2. Quelles mesures comptez-vous prendre en vue d'une utilisation plus efficace des ensembles de données et directives existants dans le secteur des soins (données des hôpitaux, données de traitement de l'INAMI et des mutualités, trajets de soins) pour prévenir et traiter le burn-out? 3. Que pensez-vous de la possibilité de fournir plus systématiquement du feed-back à partir de ces ensembles de données aux prestataires de soins et aux hôpitaux qui sont associés à la prévention, à l'accompagnement et au traitement du burn-out? 4. Quelle approche envisagez-vous de mener pour ajuster la prévention et le traitement du burn-out en ce qui concerne les cas aberrants négatifs auprès des prestataires de soins?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B006
Date publication 24/01/2025, 20242025
Réponse

En tant que ministre de la Santé, j'attache une haute importance à l'accompagnement et au soutien des professionnels de la santé confrontés dans leur quotidien à des situations de travail impliquant un haut niveau d'exigences. Ces situations de travail sont présentes de manière plus significative en milieu hospitalier compte tenu de la grande variété de tâches à effectuer ainsi que des attentes importantes en termes de performance et de qualité des soins. Ces différentes exigences constituent de véritables défis mais aussi de réels risques pouvant impacter la charge physique et psychique de ces travailleurs. Il est donc primordial d'agir de manière préventive. La prévention primaire de ces risques au travail constitue à ce titre une réponse importante. Sur ce point, je rejoins pleinement mon collègue, le ministre du Travail, compétent en la matière. Afin de sensibiliser les secteurs quant à l'importance de la prévention des risques, il a mis en place des outils et des instruments de sensibilisation. Nous savons que la chronicité du stress professionnel, et plus particulièrement son maintien dans la durée, constitue un facteur important de risques pouvant conduire à l'épuisement professionnel et à une situation de burn out. L'incapacité de travail est malheureusement la conséquence de ces situations. La prévention des risques psychosociaux, qui relève de la compétence de mon collègue, forme un enjeu fondamental en vue de garantir la bonne santé au travail mais aussi, et de manière plus globale, dans notre société. Durant cette législature, j'ai pris différentes mesures en vue de soutenir et accompagner les personnes en incapacité de travail afin de leur donner toutes leurs chances de reprendre le travail dans les meilleures conditions. Différents trajets ont ainsi pu voir le jour afin d'offrir davantage d'opportunités à ces personnes. Parallèlement, j'ai pris un certain nombre de mesures. Je souhaite mettre en avant trois initiatives que j'ai prises en matière d'accompagnement des personnes en burn out: - programme de prévention du burn out de FEDRIS (Programme de prévention du burn-out - Agence fédérale des risques professionnels). Ce programme a été déployé après l'évaluation positive de l'étude pilote de FEDRIS; - dans le cadre du Plan d'action fédéral pour le bien-être mental au travail, l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI) travaille à la mise en oeuvre d'une attention renforcée pour le domaine du travail dans l'approche de première ligne des problèmes de santé liés au stress (y compris le burn out). L'évaluation de la convention de soins psychologiques de première ligne est incluse dans ce cadre (EPCAP EINDVERSLAG FINAL 5 JULI 2023_OK-gecomprimeerd.pdf); - un financement a été prévu à partir de 2024 pour l'amélioration qualitative fondamentale des conditions de travail dans les établissements publics de soins de santé fédéraux, par le déploiement de nouveaux collaborateurs ou d'un temps de travail supplémentaire visant à soutenir la mise en oeuvre et la réalisation des mesures qualitatives convenues pour améliorer les conditions de travail dans les soins de santé. Ce collaborateur peut assurer le suivi de divers dossiers, tels que la formation, l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, l'orientation de carrière, la reconnaissance des compétences acquises, etc. Mesurer et évaluer l'impact des différentes mesures prises de même qu'informer de manière systématique sur l'ensemble de ces mesures constituent des éléments essentiels de la politique que j'entends mener. À cet effet, le nouveau Baromètre "Retour au Travail" compile une série de données-clés qui sont essentielles pour suivre l'évolution de l'incapacité de travail et de la politique de Retour au Travail. Ce nouvel instrument nous montre l'impact des mesures prises et nous fournit des informations sur la voie à suivre à l'avenir.

 
Desc. Eurovoc principalSECURITE SOCIALE
Descripteurs EurovocINCAPACITE DE TRAVAIL | SECURITE SOCIALE