...
| Auteur | Julie Taton, MR (07800) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Coopération au développement et de la Politique des Grandes Villes |
| Sous-département | Aff soc, Santé, Coop Dével, Grandes Villes |
| Titre | L'étude de l'Institut Pasteur sur la mortalité covid en Europe de l'Ouest. |
| Date de dépôt | 13/12/2024 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 23/01/2025 |
| Question |
Selon une étude publiée le 9 décembre 2024, réalisée par des chercheurs de l'institut Pasteur et publiée dans la revue BMC Global and Public Health, les pays d'Europe de l'Ouest qui ont subi la moins forte mortalité liée au covid sont ceux qui ont pris des restrictions sanitaires assez tôt et qui ont déployé au plus vite la vaccination auprès des personnes âgées. L'étude a comparé la situation de 13 pays d'Europe de l'Ouest entre 2020 et 2022, soit le pic de l'épidémie de COVID-19. Les chercheurs ont mesuré la surmortalité, c'est-à-dire l'excès de décès par rapport à ceux attendus en temps normal, dans le but de mesurer quels facteurs ont pu jouer dans des pays qui bénéficient de systèmes de santé aux performances équivalentes. Les auteurs apportent deux réponses: "Le déploiement rapide de vaccins auprès des plus vulnérables", notamment les personnes âgées, à partir de 2021. Et, auparavant, à l'arrivée de l'épidémie au printemps 2020, "la mise en place précoce d'interventions non pharmaceutiques". Ce dernier terme désigne essentiellement les restrictions sanitaires imposées dans la plupart des pays face au covid, en premier lieu les stricts confinements du début 2020. Les pays qui s'en sont le mieux sortis au début de l'épidémie sont ceux qui ont imposé leurs restrictions avant que leurs hôpitaux ne soient surchargés, dont la Norvège. À l'inverse, le Royaume-Uni, qui a le plus tardé à mettre en place des restrictions, a subi de loin la mortalité la plus élevée dans les premiers mois de l'épidémie. L'Italie, puis la Belgique et le Royaume-Uni, apparaissent les plus durement frappés. 1. Que vous inspire cette étude publiée dans le BMC Global and Public Health? 2. En partagez-vous les conclusions chiffrées, en particulier celles de la Belgique? Leurs chiffres correspondent-ils aux vôtres? 3. Estimez-vous que les restrictions sanitaires n'ont pas été prises assez tôt à l'époque en Belgique? 4. Estimez-vous que la vaccination des personnes âgées n'a pas été déployée au plus vite? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B006
|
| Date publication | 24/01/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Cette étude confirme en grande partie des informations, connaissances et aperçus antérieurs que la Belgique avait déjà analysé. Dans le rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) 2023 sur la gestion de la crise du COVID-19 en Belgique, il était déjà indiqué que la Belgique avait été fortement touchée au début de la pandémie par rapport à la plupart des autres pays, mais que tant l'approche que les résultats s'étaient améliorées avec le temps. Ce rapport recommandait de travailler sur une meilleure gouvernance centralisée et gestion de crise, de clarifier les compétences, le processus décisionnel, ainsi que d'unifier la communication. Toutes les autorités, tant au niveau fédéral que des entités fédérées, s'y sont attelées, et ces structures sont désormais en place. 2. Comme nous le savions déjà, la première vague (du 1er mars 2020 au 21 juin 2020) a surpris et durement frappé la Belgique. Cependant, l'article que vous mentionnez montre clairement que la Belgique avait beaucoup mieux maîtrisé la deuxième, la troisième et les vagues suivantes. Le nouveau virus n'a pas touché tous les pays de l'Union européenne (UE) de manière égale lors de cette première vague (variante alpha). Rappelez-vous les images hallucinantes des hôpitaux italiens débordés avant même qu'un premier cas ne soit signalé chez nous. Cela joue un rôle dans l'impression "meilleure" que semblent donner les pays du Nord. Cela est également expliqué dans l'article scientifique: The initial seeding of SARS-CoV-2 was heterogeneous across Western Europe. 3. L'article compare la surmortalité des différentes vagues de COVID-19 par pays. Il en ressort clairement que c'est principalement la première vague qui a surpris la Belgique, mais que dès la deuxième vague, notre pays figurait déjà parmi les meilleurs élèves. La surmortalité durant l'été 2020 (deuxième vague) coïncidait également avec la vague de chaleur de ce moment, qui a touché la Belgique et les Pays-Bas plus durement que les autres pays, comme le décrivent les auteurs. Étant donné qu'aucun vaccin n'était encore disponible à cette époque (ils n'ont été introduits qu'au début de 2021), ces résultats sont uniquement attribuables aux mesures rapides et strictes qui ont été prises à ce moment-là. Aussi impopulaires qu'elles aient pu être, le confinement avec le slogan "restez chez vous", le port du masque, la distanciation sociale et d'autres mesures non pharmacologiques avaient déjà démontré leur efficacité. 4. Les premiers vaccins sont devenus disponibles dans notre pays à la fin de la deuxième vague (30 août 2020 au 14 février 2021), qui a immédiatement été suivie par la troisième vague (15 février au 10 juillet 2021). La campagne nationale de vaccination contre le COVID-19 a commencé six semaines avant le début de cette troisième vague, le 5 janvier 2021, après une phase pilote de huit jours dans trois maisons de repos et de soins. La campagne nationale a été organisée par phases successives, avec d'abord la vaccination des groupes prioritaires (résidents et personnel des maisons de repos, puis le personnel de soins hospitalier, travailleurs de la première ligne, personnel et résidents des institutions de soins collectifs, personnes de 65 ans et plus, ainsi que celles atteintes de maladies chroniques). Cela a permis d'inviter toutes les personnes à risque accru de développer une forme grave de COVID-19. Dans la deuxième phase, élargissement à la population générale âgée de 18 ans et plus. À partir de l'été 2021, les jeunes de 12 ans et plus ont également été invités. Dans la troisième phase, en automne 2021: invitation de groupes spécifiques à risque à recevoir une dose supplémentaire de vaccin à ARNm pour compléter leur schéma vaccinal et améliorer leur protection, notamment les personnes immunodéprimées, en raison de maladies comme le cancer, le VIH ou des traitements comme la dialyse, ainsi que les personnes atteintes de trisomie 21. Depuis début octobre 2021, des doses de rappel à ARNm ont également été proposées aux résidents des maisons de repos, aux personnes âgées de 65 ans et plus, et à celles vaccinées avec le vaccin Janssen. Grâce au déroulement de ces phases planifiées, la Belgique a atteint, au 31 octobre 2021, un taux de vaccination complet de 86,4 % pour la population de 18 ans et plus. Cela a placé la Belgique au septième rang parmi les pays de l'UE/EEE (Espace économique européen) avec les taux de vaccination les plus élevés dans cette catégorie. Pour les personnes âgées, la couverture vaccinale dépassait 90 % chez les 55 ans et plus. Concernant les groupes à risque, le taux de vaccination complet (y compris les rappels) atteignait 85 % à l'échelle nationale. Cependant, des différences régionales étaient déjà observées: le taux le plus élevé se trouvait en Flandre (91,6 %), suivi par la Wallonie (81,0 %), la Communauté germanophone (75,2 %) et Bruxelles (68,0 %). Ça m'emmène à aujourd'hui. Le virus SARS-CoV-2 continue de circuler, mais d'autres agents pathogènes respiratoires circulent également, comme chaque hiver. Il est non seulement judicieux, mais absolument nécessaire que tous les Belges appartenant aux groupes à risque de développer des formes graves d'infection - hospitalisation, soins intensifs ou même décès - se fassent vacciner contre les infections hivernales récurrentes, notamment le COVID-19, la grippe, le virus respiratoire syncytial et les pneumocoques. Cela concerne les personnes de 65 ans et plus, celles atteintes de maladies chroniques ou ayant un système immunitaire affaibli, les femmes enceintes et les nouveau-nés. Malheureusement, nous constatons que la bonne couverture vaccinale des personnes vulnérables atteinte en 2021 et 2022 est loin d'être atteinte aujourd'hui. Cela s'explique par divers facteurs, mais reste inacceptable. Au 13 janvier, un peu plus de 40 % des plus de 65 ans étaient vaccinés, et même pas la moitié des plus de 85 ans. Pour la grippe et les autres agents pathogènes, les chiffres ne sont probablement pas meilleurs. C'est pourquoi nous lançons un appel à tous les membres des groupes à risque, aux prestataires de soins - en particulier les généralistes et les pharmaciens - et à tous les décideurs politiques, du niveau local au régional: veillons à ce que nos concitoyens les plus vulnérables soient vaccinés! Et à toute la population: suivez les recommandations de base simples. S'il y a une leçon à tirer de l'étude que vous mentionnez, c'est celle-ci: les recommandations non pharmacologiques et la vaccination fonctionnent. Alors, appliquons-les. |
| Desc. Eurovoc principal | POLITIQUE DE LA SANTE |
| Descripteurs Eurovoc | EPIDEMIE | MORTALITE | POLITIQUE DE LA SANTE | VACCINATION |