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| Auteur | Julie Taton, MR (07800) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Coopération au développement et de la Politique des Grandes Villes |
| Sous-département | Aff soc, Santé, Coop Dével, Grandes Villes |
| Titre | La pathologie inconnue mortelle dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo. |
| Date de dépôt | 13/12/2024 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 23/01/2025 |
| Question |
Selon les autorités sanitaires, une maladie mystérieuse a causé le décès de plus de 130 dans la province de Kwango, en République démocratique du Congo (RDC), en un peu plus d'un mois. Si l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que des maladies connues pourraient être à l'origine de la pathologie qui touche la région, bien peu d'informations ont filtré jusqu'ici. Les décès ont été principalement signalés chez les enfants de moins de cinq ans (40 % des cas), tous souffrant de malnutrition sévère, un facteur aggravant. Il est question à la fois de fièvre, d'anémie, touchant majoritairement des femmes enceintes et de jeunes enfants. Ce qui fait plutôt penser à la malaria. Mais on parle aussi de toux et de symptômes respiratoires. Cela peut donc aller de pathologies assez fréquentes comme la grippe ou le covid à tout autre chose. Le paludisme est endémique dans cette région et peut provoquer ou contribuer à des cas graves. Il est également possible qu'à l'heure actuelle, plusieurs maladies soient impliquées dans les cas et les décès. En attendant d'en savoir davantage, les autorités sont en état d'alerte maximale. Le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, a précisé que la région est très isolée, ce qui ne facilite pas l'accès aux soins de santé. De nombreux malades sont décédés chez eux. Outre le gouvernement central, l'OMS a également déployé des équipes pour enquêter sur la situation et réaliser des prélèvements dont les analyses de laboratoire sont en cours afin de déterminer la cause exacte de la maladie. D'après les premiers éléments, il s'agirait d'une infection respiratoire dont les symptômes sont proches de ceux d'une grippe (fièvre, toux et maux de tête, etc.). Il semble prématuré de déterminer s'il s'agit d'un nouveau virus ou d'une épidémie de grippe plus virulente. Ou encore si une bactérie est à l'origine de cette maladie. De retour début décembre 2024 de l'Institut national de recherche biomédicale (IRNB) à Kinshasa, le Dr Emmanuel Bottieau, de l'Institut de médecine tropicale d'Anvers (IMT), nous apprend que l'IRNB a envoyé une équipe sur place, pour collecter les informations et les prélèvements sanguins et respiratoires. Selon lui, il est encore trop tôt pour se prononcer sur cette maladie dont la description reste assez vague. Les premiers cas ont été détectés fin octobre 2024 dans la province du Kwango, où les infrastructures sanitaires sont presque inexistantes et où les routes sont peu praticables. La précarité y est généralisée, les habitants manquant cruellement d'eau potable et de médicaments. La région, marquée par un taux de malnutrition de 61%, a connu une épidémie de fièvre typhoïde il y a deux ans. Le pays est en alerte maximale. 1. Que savez-vous de cette maladie mystérieuse qui a tué de 130 à 140 personnes en RDC en date du 9 décembre? Confirmez-vous ce bilan? A-t-il encore évolué? 2. Quand serez-vous en mesure de relayer les résultats des prélèvements effectués sur place par les équipes de l'OMS et de l'IRNB? Et d'en tirer les conséquences sanitaires éventuelles pour la Belgique? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B006
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| Date publication | 24/01/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Entre le 24 octobre et le 20 décembre 2024, le ministère congolais de la Santé publique a enregistré, dans la zone de santé de Panzi située dans la province du Kwango, 110 cas d'une maladie non diagnostiquée présentant des symptômes tels que fièvre, maux de tête, toux, écoulement nasal et courbatures, ainsi que 52 décès (taux de mortalité de 5,1 %). Les cas signalés ont atteint un pic au cours de la semaine épidémiologique 45 (semaine qui a pris fin le 9 novembre 2024). Dans la région, l'insécurité alimentaire s'est aggravée ces derniers mois, la couverture vaccinale globale est faible et l'accès au diagnostic et à une bonne gestion des cas est très limité. La région souffre d'un manque de fournitures médicales et de moyens de transport, ainsi que d'une pénurie de personnel médical. Les mesures de lutte contre le paludisme y sont très limitées. Entre-temps, les autorités congolaises ont acquis de nouvelles connaissances. Après des examens approfondis en laboratoire, elles ont conclu le 20 décembre 2024 qu'il ne s'agissait pas en l'occurrence d'une nouvelle maladie, mais plutôt de la conjugaison de différents facteurs. Il s'agit d'un foyer de paludisme dans un contexte de sous-nutrition de la population locale et de circulation de la grippe A, du rhinovirus humain et du COVID-19. Toute comme les missions de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de Médecins sans frontières (MSF), l'enquête sur place a été menée par une équipe de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), avec le soutien des virologues de l'Institut de médecine tropicale (IMT), les professeurs Koen Vercauteren et Laurens Liesenborghs. Ils ont rapporté dès début décembre que le paludisme avait été détecté dans les échantillons prélevés sur place et analysés à Kinshasa par les experts de l'INRB. Les résultats de l'étude font suite à des tests ADN (Meta Genomic Sequencing) réalisés à Kinshasa par l'INRB en collaboration avec l'IMT. La collaboration entre l'IMT et l'INRB a été rendue possible grâce aux efforts de la Coopération belge au développement et a déjà porté ses fruits à plusieurs reprises par le passé en termes d'identification de nouvelles maladies, ce qui a permis de garantir la sécurité sanitaire tant congolaise que mondiale. 2. Un diagnostic a été établi pour une première série d'échantillons dans les laboratoires de l'INRB au cours de la semaine du 9 décembre. Une équipe d'experts de l'IMT à Anvers a échangé des informations avec l'OMS et l'INRB sur l'analyse de ces premiers échantillons. Le paludisme était déjà apparu comme le principal agent pathogène à ce moment-là. Compte tenu des études récentes, il est estimé qu'il n'y aura pas de conséquences pour la santé publique belge. Je tiens à souligner que la Coopération belge au développement a joué un rôle important dans l'action entreprise: - l'INRB a été en mesure de réagir à cette épidémie et d'effectuer des tests de séquençage de l'ADN pour cette maladie inconnue en utilisant un "stock stratégique", ou réserve, dont il disposait pour effectuer des recherches en collaboration avec l'IMT anversois. Les instruments et les réactifs ont été achetés avec des fonds de la Coopération belge - DGD; - l'accès aux informations et aux lieux concernés a été facilité par la coopération académique de longue date entre l'INRB à Kinshasa et l'IMT à Anvers; - l'un des laborantins qui a effectué les tests à l'INRB est un collaborateur de l'IMT; - la même collaboration est actuellement utilisée pour le suivi de Mpox en RDC, y compris à Kinshasa. |
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