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| Auteur | Vincent Scourneau, MR (06287) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Coopération au développement et de la Politique des Grandes Villes |
| Sous-département | Aff soc, Santé, Coop Dével, Grandes Villes |
| Titre | Réduction progressive de la consommation quotidienne de somnifères. - Renforcement du rôle des pharmaciens. |
| Date de dépôt | 09/12/2024 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 16/01/2025 |
| Question |
Depuis quelques années, les pharmaciens aident les patients à réduire progressivement leur consommation de somnifères, renforçant encore leur rôle de prestataires de soins de santé de première ligne. Ce traitement doit être prescrit par un médecin généraliste. En outre, de tous les prestataires de soins de santé, ce sont eux qui ont le plus grand nombre de contacts avec la population (plus de 500.000 par jour). Les pharmaciens ont la confiance des patients. Très souvent, ils sont déjà un point de contact au moment des premiers symptômes. Vous souhaitez mettre à profit ce contact étroit en leur confiant de nouveaux "services pharmaceutiques". Il s'agit p. ex. d'aider les patients chroniques à suivre fidèlement leur thérapie, mais aussi de lutter contre une utilisation inappropriée et - surtout - excessive de médicaments, et en particulier de somnifères. Pas moins de 400 millions de doses de somnifères sont achetées chaque année en Belgique. Selon Sciensano, l'utilisation de somnifères et de calmants a augmenté de 21 % en 2020 par rapport à 2018. Par ailleurs, dans une enquête en ligne réalisée par l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (afmps - 2021) sur l'utilisation des benzodiazépines et des produits apparentés, on constate que la plupart des patients prennent le médicament plus longtemps que ce qui est recommandé. Plus d'un utilisateur sur trois présente même des signes de dépendance psychologique. Les somnifères peuvent nous aider à trouver le sommeil dont nous avons besoin, mais ils créent rapidement une dépendance et nous rendent beaucoup moins alertes. Une utilisation inadéquate et excessive comporte des risques importants pour la santé. La coordination des mouvements est altérée et la réactivité ralentie, ce qui peut être dangereux, surtout au volant. Pour les personnes âgées, le risque de chute est beaucoup plus élevé. Je vous cite: "Une utilisation excessive et inadéquate de somnifères non seulement présente des risques pour la santé, mais elle occasionne aussi des frais inutiles. Pourtant, nous constatons que les somnifères n'apportent pas de réponse à des problèmes qui sont souvent liés à notre bien-être mental. C'est également la raison pour laquelle les investissements et les réformes pour développer les soins de santé mentale accessibles et à bas seuil sont si importants. Par ailleurs, nous devons veiller à ce que les somnifères soient utilisés à bon escient, et c'est là que les pharmaciens pourront désormais jouer un rôle important". Par ailleurs, depuis le 1er avril 2023, les patients chroniques qui doivent prendre au moins cinq médicaments différents par an peuvent également faire appel à leur pharmacien afin de prendre correctement les différents médicaments et de recevoir l'accompagnement nécessaire. Cet accompagnement se fera, lui aussi, en étroite concertation avec le médecin généraliste. L'objectif est de conserver une bonne vue d'ensemble avec le patient, et - si possible - de réduire progressivement, voire de supprimer certains médicaments. 1. Quel bilan dressez-vous de l'instauration d'un nouveau service de réduction progressive de la consommation quotidienne de somnifères, proposé en pharmacies? 2. Le patient ne débourse pas un euro pour ce nouveau service. Quel est son coût? Par qui est-il pris en charge? 3. Quels sont vos objectifs en terme de réduction des 400 millions doses annuelles de somnifères vendues en Belgique? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B006
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| Date publication | 24/01/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Ce service a été lancé le 1er février 2023 sous forme de projet pilote. Il devait durer 12 mois. L'objectif initial était de recruter 1.000 patients sur une cette période et les accompagner via leur officine à se sevrer progressivement des benzodiazépines ou produits apparentés. Comme le montrent les derniers chiffres des associations pharmaceutiques belges (APB) et OPHACO (Office belge des sociétés coopératives de grossistes pharmaceutiques et de pharmacies) et de l'administration de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI) sur les utilisateurs de ce service (rapport du 19 novembre 2024), 10.391 patients avaient déjà initié à ce moment-là un programme de sevrage des benzodiazépines dans une officine ouverte au public. C'est donc plus de cinq fois le nombre de patients qui étaient attendus pour le projet pilote sur une base annuelle. C'est pourquoi nous avons non seulement prolongé deux fois ce service, mais aussi étoffé ses moyens. La demande de pouvoir réduire progressivement les somnifères reste très présente, avec environ une centaine de nouveaux patients qui intègrent le programme chaque semaine jusqu'à ce jour. Il s'agit en outre de patients uniques, car les conditions de remboursement actuelles prévoient une intervention de l'assurance maladie pour un seul programme par patient. Nous pouvons donc affirmer que le programme répond à un souhait/besoin du patient. Par ailleurs, dans le rapport d'évaluation de la Commission des conventions entre organismes assureurs et pharmaciens (CCP/OCA), rapport réalisé au mois de mai 2024, il a été démontré que les utilisateurs de ce service sont principalement des personnes de plus de 60 ans qui, je vous le rappelle sont des patients souvent fragiles, avec déjà un risque de chute élevé p. ex. surtout quand ils prennent les somnifères. Il s'agit donc d'un service qui pourrait réduire ce risque de chute en plus des autres conséquences liées à l'utilisation prolongée de cette classe des médicaments comme la dépendance, l'amnésie, des troubles de l'attention, etc. Le taux de réussite global (estimé à 42 %) est encourageant. Il est supérieur à des taux qu'on trouve dans la littérature scientifique et notamment dans une étude comparable qui a eu lieu il y a quelques années (2015) en France où le taux de réussite était d'un peu moins de 30 %. Sur le terrain, aussi bien chez les médecins généralistes qui prescrivent, que chez les pharmaciens qui réalisent les préparations et accompagnent les patients, le retour global est positif quant aux retombées de ce service sur la population et tous préconisent d'inscrire ce service dans le temps. 2. Les différentes préparations magistrales sont réalisées par le pharmacien à partir des spécialités pharmaceutiques des molécules pour lesquelles nous ne disposons pas de matières premières et qui ne sont pas remboursés à la base. C'est-à-dire que le patient paye lui-même le conditionnement à partir duquel le pharmacien réalise les préparations de réduction de doses. L'assurance maladie obligatoire prend en charge les honoraires de préparation magistrale et d'accompagnement par le pharmacien. Le coût moyen par patient (qui dépend du nombre d'étapes) est estimé à 170 euros par programme complet. C'est donc un coût faible pour l'assurance maladie comparé à ce que pourrait coûter la prise en charge des différents effets secondaires et complications liés à la prise prolongée des benzodiazépines et produits apparentés comme cela a été évoqué dans la précédente question. En 2023, le programme a couté 558.582,26 euros pour accompagner plus de 5.000 patients. En 2024, une enveloppe de 1.467.000 euros avait été prévue dans le budget de l'INAMI. Sur base des données du mois de novembre 2024, 44 % de ce budget avait été dépensé. Le coût global devrait donc être en dessous des prévisions budgétaires tout en permettant l'accompagnement d'un nombre important des patients pour l'année 2024. 3. La consommation inappropriée des somnifères et plus largement, des psychotropes, est un problème de santé publique pris au sérieux depuis déjà de nombreuses années. La BelPEP (Belgian Psychotropics Expert Platform), au sein du SPF Santé publique suit cette problématique d'année en année et mène différentes campagnes de sensibilisation destinées principalement aux professionnels, pour tenter de réduire la prescription de ce type de médicaments quand cela n'est pas ou n'est plus nécessaire. Vous avez évoqué une augmentation d'utilisation des somnifères de 21 % en 2020 par rapport à 2018. Je pense que 2020 n'est pas une bonne année de référence pour tout une série d'indicateurs étant donnée la particularité de cette année là avec l'avènement de la COVID-19. Les initiatives entreprises par BelPEP et d'autres acteurs, ont permis de réduire l'utilisation des somnifères de 3 % par an depuis 2014, ce qui correspond à une diminution globale de 22 % en 2022 par rapport au niveau de 2014 (https://www.usagepsychotropes.be/benzodiazepines-et-z-drugs-chiffres-et-tendances-2022). Nous sommes conscients que cette diminution, bien qu'encourageante, n'est pas encore suffisante. C'est pour cela que d'autres initiatives comme ce service de sevrage progressif avec l'accompagnement d'un pharmacien ont été mis en place pour contribuer à cet effort global. C'est une initiative qui doit s'inscrire dans la durée. D'autres initiatives verront encore le jour, comme, le renforcement du dialogue entre tous les acteurs (psychiatres, médecins généralistes, pharmaciens, psychologues et autres) autour du patient pour adopter la meilleure approche possible pour accompagner les patients. Des sensibilisations directes vers la population avec une communication la plus appropriée possible et qui tient compte des spécificités de chaque strates de la population et de chaque régions seront également envisagées. |
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