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Question et réponse écrite n° : 0123 - Législature : 56


Auteur Katleen Bury, VB (07425)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Coopération au développement et de la Politique des Grandes Villes
Sous-département Aff soc, Santé, Coop Dével, Grandes Villes
Titre La charge de morbidité imputable à une alimentation malsaine.
Date de dépôt09/12/2024
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai16/01/2025

 
Question

Compte tenu du rôle crucial des habitudes alimentaires par rapport à la santé publique et au coût des soins de santé y afférents, il est très important pour la Belgique de pouvoir  quantifier dans quelle mesure une alimentation malsaine contribue à la charge de morbidité. Les effets d'une alimentation malsaine sur la santé publique constituent un facteur important, qui n'est pas seulement pertinent pour la santé publique en soi, mais également pour l'efficacité des politiques de prévention et pour la maîtrise des dépenses de soins de santé. 1. Quels sont les derniers chiffres disponibles concernant la charge de morbidité imputable à une alimentation malsaine, en Belgique? Existe-t-il un calcul comparable de la part d'une alimentation malsaine dans la charge totale de morbidité, comme le pourcentage de la charge de morbidité tel qu'il est présenté aux Pays-Bas? 2. Quels aliments et/ou nutriments spécifiques sont-ils inclus dans les calculs de la charge de morbidité due à une alimentation malsaine effectués en Belgique? 3. Quelle est la méthodologie utilisée en Belgique pour calculer les effets d'une alimentation malsaine sur la charge de morbidité? 4. À défaut de telles statistiques, quelles sont les démarches qui pourraient être entreprises pour que ces données soient collectées à l'avenir? La Belgique pourrait-elle calquer sa méthode de collecte de données sur celle appliquée aux Pays-Bas afin de constituer un ensemble de données solides et comparables?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B006
Date publication 24/01/2025, 20242025
Réponse

En Belgique, les régimes alimentaires de mauvaise qualité, caractérisés par une consommation élevée en aliments ultra-transformés trop riches en sucres, en graisses saturées et en sel et pauvres ou dépourvus en nutriments, représentent la troisième cause de morbidité, après le tabac et l'hypertension artérielle suivant le Conseil Supérieur de la santé. Les Belges obtiennent environ un tiers de leur apport énergétique quotidien à partir de ces produits suivant les chiffres de l'enquête alimentaire de 2014 (et les experts s'attendent que l'analyse des données des fréquences alimentaires de la nouvelle enquête alimentaire de Sciensano de 2024 suivra la même tendance qu'il y a 10 ans). Au niveau européen, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que la consommation de ces aliments ultra-transformés trop riches en sucres ajoutés, graisses saturées et sel, est responsable de près de 400.000 décès annuels, contribuant de manière significative aux maladies non transmissibles. En Belgique, nous ne disposons pas d'études récurrentes sur la morbidité liée à l'alimentation. Cependant, une étude de Sciensano datant de 2019 a évalué l'impact de 12 catégories d'aliments sur les années de vie ajustées sur l'incapacité (DALY) dues aux maladies coronariennes (CHD), aux accidents vasculaires cérébraux, au diabète de type 2 (DT2) et au cancer colorectal (CCR) dans 16 pays européens. En classant ces groupes alimentaires, l'apport sous-optimal de céréales complètes avait le plus grand impact sur les DALY's, suivi des noix, de la viande transformée, des fruits, du poisson, des légumineuses et des boissons sucrées. La Belgique dispose d'une base importante de données provenant de la dernière enquête alimentaire 2024 de Sciensano qui permettra de conduire différentes études et notamment des études de CRA (Comparative Risk Assessment) pour comparer l'impact des différents aliments sur la prévalence de l'obésité et du diabète de type-2. La littérature scientifique internationale est claire quant à l'impact d'une mauvaise alimentation sur la morbidité et la mortalité. Je suis convaincu que nous devons poursuivre nos efforts pour une politique nutritionnelle cohérente, dans la continuité des efforts antérieurs, et en collaboration avec les autorités régionales. J'espère que le prochain gouvernement le prendra à coeur.

 
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