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Bulletin n° : B002 - Question et réponse écrite n° : 0051 - Législature : 56


Auteur Sophie Thémont, PS (07262)
Département Secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, adjoint à la ministre de l'Intérieur, des Réformes institutionnelles et du Renouveau démocratique
Sous-département Asile, Migration
Titre La santé mentale des demandeurs d'asile.
Date de dépôt26/09/2024
Langue F
Publication question     B002
Date publication 08/11/2024, 20242025
Statut questionRéponses reçues
Date de délai04/11/2024

 
Question

Dans un récent avis, le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) a souligné l'importance cruciale d'améliorer la prise en charge de la santé mentale des demandeurs d'asile dès leur arrivée en Belgique. Selon le CSS, ces personnes, particulièrement vulnérables en raison de leur parcours migratoire, sont exposées à des risques accrus de troubles mentaux, tels que le stress post-traumatique, l'anxiété et la dépression. Les facteurs aggravants incluent les procédures d'asile complexes, ainsi que l'isolement social et la discrimination auxquels ils peuvent être confrontés dans le pays d'accueil. Le CSS préconise une série de mesures, telles que la mise à disposition de logements adaptés et humains, une meilleure information sur le contexte juridique des procédures d'asile, ainsi que des soins de santé mentale centrés sur la personne et sensibles aux aspects culturels. 1. Existe-t-il actuellement des programmes spécifiques pour fournir des soins de santé mentale adaptés aux demandeurs d'asile, notamment aux mineurs non accompagnés, et ces programmes prennent-ils suffisamment en compte les besoins culturels de ces personnes? 2. Quelles sont les données disponibles concernant la prévalence des troubles de santé mentale chez les demandeurs d'asile en Belgique, et comment ces chiffres se comparent-ils à ceux de la population générale? 3. Pouvez-vous fournir des statistiques sur le nombre de demandeurs d'asile, en particulier les mineurs non accompagnés, qui ont bénéficié d'un soutien en santé mentale au cours des cinq dernières années? 4. Quel est le pourcentage des demandeurs d'asile qui ont accès à des services de santé mentale, et quelle est la durée moyenne de prise en charge dans le cadre des procédures d'asile? 5. Combien d'établissements ou d'associations spécialisées dans la prise en charge de la santé mentale des demandeurs d'asile reçoivent un financement public, et quel est le montant total alloué annuellement à ce soutien?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B004
Date publication 19/12/2024, 20242025
Réponse

1. Il existe avec des fonds nationaux ou européen une offre résidentielle et une offre ambulatoire pour fournir des soins de santé mentale adaptés aux demandeurs d'asile, y compris aux mineurs étrangers non accompagnés (MENA). Ces dispositifs intègrent souvent des services de traduction et de médiation culturelle pour répondre aux besoins spécifiques des bénéficiaires. Pour les MENA, il y a au niveau résidentiel l'initiative de Ciba (RKV) et Paso (PraxisP KULeuven) et au niveau ambulatoire des initiatives bas-seuil et curatives (MindSpring, RedPencil, Creathera, etc.). Parallèlement, des projets de formation (Crésam, HOGent/Toppsy) pour renforcer les compétences en santé mentale sont proposés aux collaborateurs de terrain. Différents modules pour renforcer la littératie (le sommeil, les assuétudes, l'éducation à la vie affective, etc.) des résidents sont proposés par des collaborateurs internes et/ou des professionnels externes. 2. Parmi les données disponibles on trouve entre autres une étude de Médecins du Monde (MdM) qui indique que les demandeurs de protection internationale (DPI) sont particulièrement vulnérables en raison des expériences vécues avant, pendant et après leur migration. Les troubles les plus courants chez les DPI étant le trouble de stress post-traumatique, l'anxiété et la dépression, avec une prévalence en moyenne de 15% (moyenne belge selon Sciensano: 12 %) 3. Les rapports de Fedasil indiquent que plusieurs milliers de demandeurs d'asile, y compris des mineurs non accompagnés, ont bénéficié de services de santé mentale au cours des cinq dernières années. Fedasil n'est pas en mesure de fournir des chiffres précis sur le nombre de DPI qui visitent un psychologue. Il s'agit d'une question sur laquelle Fedasil travaille sans relâche, car il est essentiel d'avoir une vue d'ensemble de l'utilisation des services de santé. 4. Le nombre de DPI ayant accès à des services de santé mentale varie selon les ressources disponibles. Les grandes villes étant mieux desservies que les zones rurales, la durée moyenne de prise en charge peut également varier de plusieurs mois à plusieurs années, en fonction de la complexité des cas individuels. 5. Plusieurs initiatives comme Carda (CRB), Ciba (RKV) et Posa (Sint-Alexius), reçoivent un financement public pour fournir des services de santé mentale aux demandeurs d'asile. Le montant total alloué peut varier d'une année à l'autre en fonction des budgets gouvernementaux et des priorités. Pour ces trois projets, le financement accordé jusqu'à présent pour 2024 est le suivant: - Carda: 125.307,00 euros; - Ciba (sans coût d'accueil): 237.365,15 euros; - St-Alexius: 211.443,55 euros. Des associations comme MdM et des centres de santé mentale (Ulysse, etc.) reçoivent des financements publics pour leurs programmes de soutien aux demandeurs d'asile. Le montant total alloué annuellement à ce soutien peut être consulté dans les rapports financiers des services publics concernés.

 
Desc. Eurovoc principalPOLITIQUE MIGRATOIRE
Descripteurs EurovocPOLITIQUE MIGRATOIRE | DROIT D'ASILE | SANTE MENTALE
Mots-clés libresDEMANDEUR D'ASILE