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| Auteur | Michel De Maegd, MR (07122) |
| Département | Ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et du Commerce extérieur, et des Institutions culturelles fédérales |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ., Commerce ext., Instit. cult. féd. |
| Titre | Le cri d'alarme d'agences de l'ONU face à la situation au Soudan. |
| Date de dépôt | 25/09/2024 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 25/10/2024 |
| Question |
Trois organisations ont récemment publié un rapport mettant en lumière l'escalade de la catastrophe humanitaire au Soudan, où le conflit provoque une crise alimentaire d'une ampleur sans précédent. Des centaines de milliers de civils sont, en effet, toujours piégés sur place, alors que le conflit prend une dangereuse dimension ethnique et menace de déstabiliser la région tout entière. Le 23 septembre 2024, plusieurs agences de l'ONU ont exhorté à intensifier les efforts diplomatiques au plus haut niveau pour faire progresser la paix et la sécurité. Elles appellent également à soutenir financièrement les bailleurs de fond afin de venir en aide à la population sur place. Pouvez-vous faire le point sur la situation? Quelles sont les dernières évolutions sur place? Où en est-on en ce qui concerne la diplomatie internationale? Quel rôle joue la Belgique dans ce cadre? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B002
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| Date publication | 08/11/2024, 20242025 |
| Réponse |
Après un an et demi de combat ininterrompu, la situation au Soudan est volatile et critique. Les combats continuent de faire rage et les fronts sont mouvants. Les populations civiles, y compris les femmes et les enfants, paient un lourd tribut de ces violences. Comme indiqué dans plusieurs rapports des Nations Unies, l'ensemble des parties commettent de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire. Selon le Conseil des droits de l'homme, les RSF (Rapid Support Forces) se seraient rendus aussi coupables d'attaques motivées ethniquement au Darfour. La situation humanitaire est catastrophique avec plus de 10,5 millions de déplacés internes, en sus de 2,2 millions de réfugiés dans les pays voisins. Les Nations Unies considèrent qu'il s'agit actuellement de la plus grave crise humanitaire au monde. L'accès humanitaire n'est pas garanti et les organisations humanitaires ont de grandes difficultés à acheminer l'aide aux populations affectées. La distribution de l'aide est également instrumentalisée ou détournée par les parties au conflit. Cela contribue à une crise alimentaire aigüe pour 25,6 millions de personnes selon le Programme alimentaire mondial, alors que la famine sévit déjà au nord de Darfour et que le risque d'une famine dans d'autres régions n'est pas écarté. L'impact de cette situation sur la région et au-delà ne peut pas être sous-estimé, tant sur le plan de l'instabilité que du risque migratoire. Il apparaît évident que ce conflit interne est influencé, par des dynamiques géopolitiques régionales. Les différentes tentatives de médiation sous l'égide de l'ONU, de l'Union africaine, des États-Unis, de l'Arabie saoudite et des pays voisins (que ce soit du côté de la Ligue arabe ou de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Intergovernmental Authority on Development (IGAD)) n'ont pas encore pu aboutir à un cessez-le-feu durable. Le 13 mai 2023, un cessez-le-feu humanitaire avait été convenu à Djeddah, sans aucune mise en oeuvre. Depuis lors, les différentes médiations n'ont pas réellement pu avancer, faute de réelle volonté politique des parties au conflit comme cela a été démontré une fois de plus lors des pourparlers de Genève cet été. Par ailleurs, en vue d'assurer à terme un retour vers un pouvoir civil et démocratique, des tentatives de réunir les acteurs civils, notamment via des efforts de l'Union européenne (UE), sont toujours en cours. La Belgique appuie le travail de la représentante spéciale de l'UE pour la Corne de l'Afrique à cet égard. Nous considérons extrêmement important que les acteurs civils, y compris les femmes, puissent jouer un rôle essentiel dans ces efforts. Nous plaidons pour que l'UE joue un rôle actif comme partenaire neutre et engage un dialogue constructif avec les différentes parties au conflit ainsi que des pays de la région afin que les belligérants cessent le feu et toute violation des droits humains, protègent la population civile, facilitent l'accès humanitaire et se mettent autour de la table des négociations. Vis-à-vis des pays de la région, notre appel à ne pas alimenter le conflit est très clair et nous leur demandons qu'ils utilisent leurs canaux privilégiés pour faire pression sur les belligérants. La Belgique estime qu'il est important de continuer à prêter attention à la crise au Soudan dans les enceintes internationales pour éviter que cela devienne une crise oubliée. Au vu de la gravité et l'urgence de la situation, j'ai ainsi soutenu l'idée d'aborder à nouveau le dossier lors du Conseil Affaires étrangères du 14 octobre et d'inclure un paragraphe sur le Soudan dans les conclusions Conseil européen du 17-18 octobre. La Belgique s'est montrée active dans l'adoption de sanctions ciblées au niveau européen contre les individus et entités responsables des violations graves des droits humains ou participant au financement de la guerre. Dans ce contexte, la Belgique est favorable à ce que de nouvelles sanctions soient considérées au niveau européen. La Belgique continuera de soutenir ces efforts. La question de la lutte contre l'impunité au Soudan est également un axe important de notre plaidoyer international. À titre illustratif, notre pays a soutenu la résolution sur les droits de l'homme adoptée à la 57e session du Conseil des droits de l'homme à Genève, qui établit le mandat de la mission d'établissement des faits au Soudan, qui est cruciale pour rendre compte des violations graves des droits humains. La Belgique est aussi intervenue lors du dialogue interactif de la dernière session et a mis en avant ses préoccupations pour dénoncer l'impunité des graves violations des droits humains et du droit international. C'est un message que mes services ont récemment fait passer directement à l'ambassadeur du Soudan à Bruxelles. Concernant les rapports faisant état de crimes de guerre et autres crimes internationaux, il importe de poursuivre la collecte d'informations et d'éléments de preuve et c'est dans cette perspective qu'en tant que membre du Conseil des droits de l'homme, la Belgique continue à soutenir pleinement le travail de la mission d'établissement des faits au Soudan ainsi que l'expert désigné. Nous restons attentifs aux efforts déployés par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) pour enquêter sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité présumés commis au Darfour dans le cadre des hostilités actuelles. La CPI a tout notre soutien dans l'exercice de son mandat de manière indépendante et impartiale. Nous continuons d'appeler à ce que les fugitifs pour lesquels des mandats d'arrêt ont été émis soient arrêtés et remis à la Cour, en encourageant les autorités à engager un dialogue avec le procureur de la CPI. Enfin, pour ce qui est des aspects humanitaires, la Belgique reste un donateur humanitaire flexible qui permet aux acteurs humanitaires de répondre rapidement aux différentes crises, tel que le Soudan. |
| Descripteurs Eurovoc | AIDE ALIMENTAIRE | ETAT D'URGENCE | ONU | AIDE HUMANITAIRE | AIDE AU DEVELOPPEMENT | SOUDAN |