...

Question et réponse écrite n° : 0040 - Législature : 56


Auteur Jean-Luc Crucke, LENGAG (01120)
Département Vice-premier ministre et ministre de la Mobilité
Sous-département Mobilité
Titre L'incorporation des outils d'intelligence artificielle dans le secteur ferroviaire.
Date de dépôt01/10/2024
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai04/11/2024

 
Question

L'intelligence artificielle (IA) s'impose progressivement dans le secteur ferroviaire, en particulier en Belgique, pour améliorer la maintenance prédictive des voies, la gestion du trafic et la sécurité. Des solutions innovantes sont déjà en place, telles que des locomotives équipées de systèmes d'IA pour inspecter les voies ou des caméras intelligentes pour surveiller les réseaux. L'IA pourrait aussi aider à résoudre des problèmes comme la saturation du réseau et le manque de conducteurs. 1. Comment envisagez-vous de soutenir l'intégration de l'IA dans la gestion des infrastructures ferroviaires pour améliorer l'efficacité et la sécurité des réseaux en Belgique? 2. Les technologies d'IA permettant la maintenance prédictive sont déjà testées par Infrabel. Quels mécanismes de financement ou partenariats publics-privés le gouvernement fédéral a-t-il pour accélérer leur déploiement à grande échelle? Cela est-il inclus dans le contrat de gestion? 3. L'automatisation des trains, comme les trains sans conducteur, est encore loin en Belgique. Le gouvernement fédéral a-t-il déjà réfléchi à des pistes de réflexions pour encourager ou réglementer ce type de technologie dans le secteur ferroviaire? Y a-t-il des initiatives européennes à cet égard? 4. La cybersécurité devient un enjeu majeur avec l'intégration de l'IA. Quels sont les dispositifs en place pour protéger les réseaux ferroviaires belges contre les cyberattaques ou les intrusions malveillantes?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B002
Date publication 08/11/2024, 20242025
Réponse

1 et 2. La SNCB est ouverte aux initiatives du gestionnaire d'infrastructure en ce qui concerne l'utilisation de l'IA dans la gestion des infrastructures ferroviaires et à des fins de maintenance prédictive. Ainsi, par exemple, la SNCB accorde à Infrabel l'accès à ses postes de conduite pour l'installation de caméras qui permettent de vérifier l'état, la position et la visibilité de la signalisation. Les images prises sont analysées de manière automatisée par l'IA afin de mieux cibler les missions des équipes de maintenance du gestionnaire d'infrastructure et de maintenir les éléments de signalisation dans un état optimal. Par ailleurs, la SNCB développe des outils d'IA pour déterminer lesquels peuvent améliorer la maintenance du matériel roulant. Plusieurs projets pilotes permettent de déterminer les domaines où l'IA peut améliorer la qualité et la vitesse des diagnostics ainsi que les exigences techniques auxquelles le matériel doit répondre pour garantir la qualité des prévisions (type d'informations, fréquences de rafraîchissement, etc.). La digitalisation du réseau est un processus continu et transversal dans lequel Infrabel souhaite pleinement s'inscrire. Le gestionnaire d'infrastructure ferroviaire est, en effet, bien conscient des possibilités offertes par l'IA pour améliorer ses processus et renforcer encore la sécurité du réseau tout en augmentant sa capacité. L'IA aura à terme des impacts sur l'ensemble des secteurs d'activités couverts par les missions du gestionnaire d'infrastructure: gestion des assets, IT, procédures internes, supply chain, organisation des chantiers, gestion des données, etc. En intégrant encore davantage l'IA, Infrabel entend améliorer l'efficacité et la sécurité des infrastructures ferroviaires belges. Cette intégration ne peut toutefois se faire sans de nombreux contrôles par rapport à la qualité et la sécurité des informations générées. 3. Le système Automatic Train Operation (ATO) permet d'automatiser la marche des trains et de régler la vitesse des convois en fonction de la densité du trafic. Ce système est déjà en fonction en Europe pour des configurations de lignes simples. Le système devient extrêmement complexe quand il s'agit des réseaux maillés comme en Belgique. L'European Union Agency for Railways (ERA) est en train de définir un tel système. La SNCB prévoit les interfaces nécessaires pour un futur système de gestion ATO sur les nouvelles automotrices AM30. 4. En 2023, la SNCB a adopté une stratégie d'IA axée sur l'accompagnement des employés dans l'utilisation responsable de l'IA et la promotion de son adoption dans divers domaines. Un IA Board, composé de représentants clés des départements, y compris la cybersécurité, assure la gestion des risques, la conformité légale et la promotion de l'IA au sein de la SNCB. L'équipe Innovation organise des workshops sur l'IA pour encourager la collaboration, les décisions informées et la sensibilisation, en se concentrant sur les domaines suivants: l'expérience client, la sécurité, les ressources humaines, la performance des opérations et le comptage des passagers. La cybersécurité de la SNCB repose sur une approche multi-couches combinant technologies avancées, pratiques de gestion des risques, collaborations stratégiques et formation continue. Avec l'intégration croissante de l'IA, ces mesures sont constamment améliorées pour faire face aux menaces évolutives et garantir la sécurité. À la SNCB, plusieurs dispositifs ont été mis en place pour protéger ces réseaux contre les cyberattaques et les intrusions malveillantes. La SNCB procède régulièrement à des évaluations approfondies des risques pour identifier les vulnérabilités potentielles. Ces évaluations permettent d'établir des priorités et de mettre en place des mesures de protection adaptées. La gestion des risques inclut également la mise en place de plans de réponse aux incidents pour minimiser les impacts en cas d'attaque. En outre, la SNCB accorde une grande importance à la priorisation des investissements pour renforcer les infrastructures de sécurité de manière stratégique et efficace. Les systèmes de détection et de prévention des intrusions sont essentiels pour surveiller le trafic réseau et détecter toute activité suspecte. Ces systèmes utilisent des technologies avancées, y compris l'IA, pour identifier et bloquer les tentatives d'intrusion avant qu'elles ne causent des dommages. La surveillance en temps réel permet de détecter et de répondre rapidement aux incidents de cybersécurité. Un centre de sécurité opérationnelle (SOC) dédié utilise des outils avancés pour surveiller les systèmes 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et intervenir immédiatement en cas d'alerte. La SNCB investit actuellement de manière significative dans les capacités du SOC pour renforcer encore davantage son infrastructure de sécurité. La SNCB organise des sessions de formation régulières pour sensibiliser le personnel aux bonnes pratiques de sécurité, aux techniques de détection des menaces, et aux risques spécifiques liés à l'intelligence artificielle. La coopération avec Infrabel, avec d'autres acteurs du transport public et avec des agences gouvernementales est cruciale pour renforcer la cybersécurité. La SNCB participe activement à des initiatives de partage d'information et de collaboration pour se tenir informée des dernières menaces et développer des stratégies de défense communes. Des tests de pénétration réguliers et des audits de sécurité sont effectués pour évaluer l'efficacité des dispositifs de protection en place. Ces tests permettent d'identifier les faiblesses et de les corriger avant qu'elles ne soient exploitées par des attaquants. En tant qu'opérateur de service essentiel, Infrabel est tenu d'atteindre les plus hauts standards en matière de cybersécurité, conformément aux lois NIS (NIS 1 et maintenant 2). Fin 2023, un contrat de 20 millions d'euros a été signé entre Infrabel et Thales pour protéger les services d'Infrabel. Ce contrat inclut également des volets de formation et de sensibilisation du personnel, garantissant ainsi une culture de cybersécurité robuste et proactive. Infrabel accorde une importance fondamentale à ce dossier et met en oeuvre de très nombreuses mesures pour se protéger. Infrabel respecte scrupuleusement ses obligations en la matière et prend les mesures nécessaires pour faire face au niveau de menace actuel auquel elle est soumise. Infrabel prend, par ailleurs, les mesures nécessaires pour préparer l'évolution de ce niveau de menace. En octobre 2024, mois de la cybersécurité, plusieurs initiatives ont été adoptées pour sensibiliser tous les collaborateurs d'Infrabel à utiliser les bonnes pratiques et ainsi accroître encore la sécurité informatique d'Infrabel.

 
Desc. Eurovoc principalPOLITIQUE DES TRANSPORTS
Descripteurs EurovocPOLITIQUE DES TRANSPORTS | INTELLIGENCE ARTIFICIELLE | TRANSPORT FERROVIAIRE
Mots-clés libresSNCB | INFRABEL